Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a visité le site maraîcher et piscicole de Kamayonga, à Tshikapa, le 11 août 2026. Au terme de sa visite, il s’est dit impressionné par la qualité des légumes et des poissons produits. Il a par la même occasion annoncé sa volonté de promouvoir et de reproduire ce modèle dans d’autres provinces de la République démocratique du Congo.
Mis en œuvre par ADRA avec le financement du gouvernement américain, le projet Tudienzele cherche notamment à renforcer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que les conditions économiques des ménages vulnérables au Kasaï.
L’intérêt du modèle de Kamayonga réside dans l’association de deux activités : le maraîchage et la pisciculture. Cette combinaison permet aux bénéficiaires de diversifier leur production, leurs sources de revenus et leur alimentation.

Pour le ministre Muhindo Nzangi, cette approche offre également un moyen d’accompagner directement les producteurs autour des centres urbains et de favoriser une alimentation plus diversifiée et équilibrée.
Préoccupations majeures des producteurs
Malgré les résultats obtenus, les bénéficiaires soulignent que plusieurs obstacles persistent. Parmi les principales difficultés évoquées figurent l’accès aux semences maraîchères de qualité et l’insuffisance des infrastructures d’irrigation. Les maraîchers souhaitent notamment la mise en place, à Tshikapa, d’un point ou d’une centrale permettant de s’approvisionner facilement en semences.
Ces préoccupations montrent qu’au-delà de la mise en place de projets pilotes, la durabilité de l’agriculture congolaise dépendra aussi de la capacité à garantir aux producteurs un accès régulier aux intrants, à l’eau, aux marchés et à l’accompagnement technique.
La promesse du ministre de dupliquer ce modèle dans d’autres provinces ouvre une perspective intéressante dans un pays confronté à d’importants défis alimentaires et nutritionnels. Mais la réplication d’un tel modèle ne pourra pas se limiter à reproduire les infrastructures existantes. Chaque province présente ses propres réalités : disponibilité de l’eau, qualité des terres, accès aux marchés, coût des intrants, compétences techniques et besoins des populations.

L’expérience de Kamayonga pourrait ainsi servir de laboratoire pour identifier les conditions nécessaires à la réussite d’une agriculture intégrée associant production végétale et piscicole. Le site de Kamayonga pourrait ainsi constituer un exemple à suivre : celui d’une agriculture de proximité capable de fournir à la fois des protéines, des légumes et des revenus aux ménages.
L’enjeu sera de savoir si ce modèle pilote pourra effectivement être adapté aux réalités d’autres provinces et passer de quelques sites expérimentaux à une véritable stratégie nationale de renforcement de la sécurité alimentaire.
Parfait MONSENGWO

