Lorsqu’on évoque les richesses de la République démocratique du Congo, les regards se tournent généralement vers le cobalt, le cuivre, l’or ou encore le pétrole. Pourtant, une autre richesse, immense et renouvelable, s’étend sur une grande partie du territoire : la terre agricole.
La RDC possède un potentiel agricole considérable. Ses terres, son climat varié, ses ressources en eau et la diversité de ses écosystèmes offrent des conditions favorables à la production de nombreuses cultures : manioc, maïs, riz, haricot, soja, cacao, café, palmier à huile, fruits et légumes, entre autres. Mais cette richesse reste encore largement sous-exploitée.

Le paradoxe est frappant : un pays doté d’un immense potentiel agricole continue de dépendre des importations pour une partie importante de son alimentation. Dans les marchés et les supermarchés, les produits venus de l’étranger occupent souvent une place importante, alors que des producteurs congolais peinent à écouler leurs récoltes.
Le problème n’est donc pas uniquement celui de la production. Il concerne toute la chaîne de valeur. Produire sans disposer de routes rurales praticables, de moyens de stockage, de systèmes efficaces de conservation, de financement adapté ou de débouchés stables réduit considérablement la valeur du travail du producteur. Une tonne de manioc, de maïs ou de fruits peut représenter une véritable opportunité économique, mais seulement si elle peut être transportée, transformée, conservée et vendue dans de bonnes conditions.
C’est l’un des grands défis de l’agriculture congolaise : passer d’une agriculture principalement destinée à la subsistance à une véritable économie agricole.
Transformer localement les matières premières permettrait de créer davantage de la valeur ajoutée et d’emplois. Le cacao pourrait devenir du chocolat, le manioc de la farine ou de l’amidon, les fruits des jus et des confitures, le maïs des produits alimentaires transformés. Chaque étape supplémentaire de transformation peut générer des revenus pour plusieurs acteurs de la chaîne.

L’agriculture pourrait ainsi devenir bien plus qu’un moyen de nourrir la population. Elle pourrait être un puissant moteur de croissance, d’entrepreneuriat et de création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le véritable défi n’est peut-être pas de savoir si la RDC est riche, car elle l’est. La question est plutôt de savoir comment transformer cette richesse en prospérité pour ceux qui cultivent la terre et pour l’ensemble de la population?
Et si, finalement, le véritable or de la RDC n’était pas seulement sous nos pieds, mais aussi dans ses champs ?
Parfait MONSENGWO

