La République Démocratique du Congo est considérée comme une nation ressource ou mieux un pays solution, dans la lutte contre le réchauffement climatique et la désertification planétaire qui frappe le monde. Pendant ce temps, la RDC est aussi classée parmi les nations les plus pauvres du monde avec un taux élevé de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté.
Selon un rapport issu d’une recherche récemment menée par l’IPC, environ 26,4 millions de personnes vivant au Congo-Kinshasa connaissent des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Parmi les facteurs identifiés comme cause de ce problème, figurent la pauvreté généralisée, les conflits et déplacement des populations, l’insécurité dans certaines zones, les niveaux élevés des prix, le
manque d‘infrastructures de base ainsi que la faible production agricole généralement compensée par les importations, alors que l’expérience a clairement prouvée qu’elle ne fait qu’enfoncer davantage le pays dans son mal.
En effet, chaque année, le République Démocratique du Congo importe pour un montant d’environ 3 milliards de dollars américains en termes de produits alimentaires. 80 % de denrées consommées par sa population provient soit de la Chine, soit du Brésil ou encore de certains pays africains et frontaliers. Et pourtant, la RDC dispose d’importantes quantités de terres arables susceptibles de nourrir tant sa population que celle des pays dont elle dépend.
En réalité, l’indépendance alimentaire en RDC ne serait possible que si et seulement si les autorités congolaises décident de jouer la toute dernière carte qui leur reste, l’agriculture.
Premièrement, par l’allocation d’un budget conséquent dans ce secteur, la réduction des importations des certains produits alimentaires de base comme le maïs, le riz et les haricots qui peuvent être produits en RDC, le financement et l’accompagnement des structures agricoles et des paysans, et enfin la mise en place des stratégies efficaces pour une distribution encadrée de ces produits.
Pour ce quinquennat 2024-2028, la volonté du gouvernement congolais à assurer la sécurité alimentaire se manifeste théoriquement dans le fait qu’il alloue 12% de son budget au secteur agricole. Reste à voir les actions à poser pour concrétiser la revanche du sol sur le sous-sol.
Linda Imbanda

