Depuis le week-end dernier, plusieurs informations relayées par l’opposition annonçaient l’observation d’une ville morte ce mercredi 3 juin 2026 à Kinshasa. Suite à cette alerte, de nombreuses boutiques, alimentations, maisons de commerce et quelques supermarchés sont restés fermés.
Interrogés par Agriboost.info, plusieurs tenanciers, postés devant leurs magasins clos au centre de la ville, ont expliqué que leur décision relevait davantage de la crainte du pillage que d’un quelconque respect des consignes politiques.

« Personnellement, je voudrais bien vendre, mais nous savons ce qui se passe souvent avec ces journées. Les malfrats profitent pour semer le désordre et piller ceux qui tentent d’ouvrir. Certaines autorités nous menacent même pour nous obliger à vendre », a déclaré Job Muabu, propriétaire d’une mini-alimentation au marché Zigida, dans la commune de Kinshasa.
À quelques kilomètres de là, le marché Gambela, habituellement bondé jusque sur les trottoirs, affichait une présence très réduite d’exposants. La majorité des femmes ont préféré braver les risques plutôt que de voir leurs familles souffrir de la faim. « Nous vivons au taux du jour. Si je ne vends pas, ma famille meurt de faim. Ceux qui décrètent la ville morte ont de quoi manger trois fois par jour », a confié Magalie Nyembo vendeuse des bananes plantains.
Le même constat s’est fait du côté Sud Ouest de la ville; les commerçants (es) des épiceries des marchés environnants du quartier Mbudi Terminus, dans la commune de Mont Ngafula, ont préféré garder les étalages vides, craignant des incidents ou des représailles. Ce qui a entraîné une chute des ventes de produits de première nécessité comme le riz, l’huile ou le sucre. Ceux qui ont ouvert, l’ont fait avec prudence, dans un climat de peur et d’incertitude dans une ville où l’économie est dominée par le secteur informel, avec une population qui vit au taux du jour.
Ce ralentissement des activités économiques de la ville met en lumière le dilemme quotidien de commerçants : suivre les mots d’ordre politiques et normes sociaux ou assurer leur survie et celle de leurs familles.
La rédaction

