La société Kivu Labour, fondée par Omwinja Manassé, s’impose progressivement comme un acteur clé dans la relance agricole en République démocratique du Congo. Après avoir consolidé ses activités dans le Nord-Kivu, elle étend désormais son champ d’action au Kongo Central, en mettant l’accent sur la culture de la pomme de terre. Cette expansion repose sur une dotation en semences améliorées et en intrants agricoles, destinée à accroître la productivité des exploitants locaux et à réduire la dépendance du pays aux importations de tubercules.

Choix du Kongo Central
Le choix de cette province n’est pas anodin. Il est dicté par la situation stratégique de cette province située à proximité de Kinshasa. Elle dispose de terres fertiles et d’un potentiel agricole considérable.
En renforçant la production locale, Kivu Labour vise à approvisionner directement la capitale, où la demande en pommes de terre est forte et où les importations pèsent lourdement sur les prix.
L’entreprise ne se limite pas à cette culture : elle développe également des filières vivrières comme la pastèque, le chou et la tomate, contribuant ainsi à diversifier l’offre alimentaire.
Cette initiative privée s’inscrit dans une dynamique nationale. Le gouvernement, par l’entremise du ministre d’État Muhindo Nzangi, a récemment distribué 75 tonnes de semences améliorées à Mbanza-Ngungu. L’objectif est clair : relancer durablement la filière pomme de terre et faire du Kongo-Central un bassin d’approvisionnement stratégique pour Kinshasa. La complémentarité entre l’action publique et l’investissement privé crée une synergie favorable à la souveraineté alimentaire.
Enjeux de la filière
Les enjeux de la relance de cette filière sont multiples. Sur le plan économique, la production locale permettrait de réduire les importations et de stabiliser les prix sur les marchés urbains. Sur le plan social, elle contribuerait à la création d’emplois et à l’autonomisation des producteurs, notamment des jeunes et des déplacés. Sur le plan alimentaire, elle renforcerait la sécurité des ménages en garantissant un approvisionnement régulier.

Cependant, des défis persistent. Les infrastructures de transport restent insuffisantes, compliquant l’acheminement des produits vers les centres urbains. L’accès au financement demeure limité, avec moins de 3 % des crédits bancaires orientés vers l’agriculture. Enfin, la formation technique des producteurs est indispensable pour optimiser l’utilisation des intrants et garantir une productivité durable.
Il convient de retenir que si les obstacles sont surmontés, cette initiative pourrait faire du Kongo Central un véritable grenier pour Kinshasa, contribuant à réduire la dépendance alimentaire et à renforcer la résilience économique du pays.
Medy LAPATSH

