Espérance Nzuzi, présidente de la Confédération Nationale des Producteurs Agricoles du Congo (CONAPAC) et défenseuse des agriculteurs, dénonce la main noire des agents de l’Etat, dans la spoliation des terres agricoles de la ville-province de Kinshasa. « Je suis profondément touchée par la réalité que vivent les paysans à travers le pays. Les services du gouvernement sont prompts à vendre les terres réservées à la pratique maraîchère sans penser à la vie de ceux qui en dépendent ni à la sécurité alimentaire du pays. Même s’il faut vendre ces terres, pourquoi ne pas commencer par leurs exploitants ? », a-t-elle déploré dans une interview accordée à un média local.

Une réalité alarmante en RDC
Déjà confrontée à une insécurité alimentaire chronique, la République Démocratique du Congo voit cette situation s’aggraver. La semaine dernière, le président du site maraîcher de Tshuenge a été arrêté brutalement et de manière arbitraire, alors qu’il s’opposait à des individus identifiés comme agents d’un ministère de tutelle venus déguerpir les exploitants.
Grève et marche annoncées
Face à cette tendance qui appauvrit la ville et menace la survie des paysans, Espérance Nzuzi appelle à la résistance. Elle promet une grève et une marche nationale des acteurs du secteur agricole afin de réclamer et imposer leurs droits. « Ce sont les petits paysans qui nourrissent la ville. Si les frontières se refermaient comme à l’époque de la COVID, avec cette allure, la population mourrait de faim. C’est pourquoi, si ça continue, nous allons décréter une grève et une marche de tous les acteurs du secteur ».
Appel aux autorités
La présidente de la CONAPAC en appelle directement au ministre de l’Habitat, des Affaires foncières et de l’Aménagement du territoire, ainsi qu’aux ministres de tutelle, afin qu’ils prennent leurs responsabilités. Elle les exhorte à limiter les portions de terre destinées à d’autres usages et à préserver celles réservées à l’exploitation agricole.
Linda IMBANDA

