Alors que la saison sèche, traditionnellement marquée par un climat sec et poussiéreux, s’installe à Kinshasa dès le mois de juin, les pluies persistantes et les épisodes de canicule qui l’accompagnent bouleversent le calendrier agricole et freinent la disponibilité des cultures habituellement attendues pendant cette période.
Sur les étals des marchés de la ville province, on retrouve tout de même des légumes typiques de la saison sèche, notamment les choux, les amarantes, les pointes noires et l’oseille. Mais les agriculteurs se heurtent à des conditions climatiques imprévues, rendant difficile l’adaptation des cultures aux sols détrempés suivis de fortes chaleurs.
Malgré ces contraintes, certains légumes résilients comme les feuilles de manioc ou de patate douce continuent de nourrir les ménages kinois. Peu favorables à la saison en temps normal, ces légumes s’imposent grâce à leur résistance aux périodes de sécheresse. Toutefois, leur rareté actuelle sur les marchés a entraîné une flambée des prix, allant parfois du simple au triple. « En cette période, je cuisine plus souvent des produits surgelés. Les légumes sont devenus trop chers, et cela perturbe notre budget familial », témoigne Yollande Kalwa, mère de famille rencontrée au marché pirate érigé sous le pont Matete.
Cette pénurie des produits maraîchers ne s’explique pas uniquement par les perturbations climatiques qui affectent la ville de Kinshasa. En réalité, plusieurs cultures ont été gravement touchées par les pluies ravageuses des derniers mois, entraînant des inondations, la dégradation des sols et la perte massive de récoltes. À cela s’ajoutent des difficultés d’acheminement liées à l’état des routes et aux coûts élevés de transport, aggravant ainsi la rareté des produits sur les marchés locaux.

La fluctuation climatique actuelle soulève de sérieuses questions sur la résilience des systèmes agricoles urbains et la capacité des producteurs à s’adapter à ces nouvelles réalités. Pour les consommateurs, cela se traduit par une moindre diversité de produits frais accessibles et un recours accru aux alternatives de conservation.
Linda Imbanda

