Le protocole d’accord signé ce 18 juin 2025 entre le Sénégal et la Guinée-Bissau aurait pu marquer un tournant dans l’histoire de la pêche artisanale en Afrique de l’Ouest.

Il promettait un cadre légal pour les pêcheurs, une coopération bilatérale renforcée, et pourquoi pas une nouvelle ère de dignité. Mais sur le terrain, la réalité flotte amèrement sur l’eau salée.
Derrière les sourires diplomatiques se cache une exigence amère : 1,3 million de francs CFA, c’est le prix de la licence qu’un simple piroguier doit payer pour ne pas finir en prison. Un coût jugé exorbitant pour ceux qui, chaque jour, affrontent les houles de l’Atlantique dans des pirogues parfois sans moteur, sans GPS, souvent sans espoir. Ce que le protocole ne dit pas, c’est que cette pêche est souvent l’unique moyen de subsistance pour des familles entières. Qu’impose-t-on, en réalité ?

Taxe sur la survie ou criminalisation de la pauvreté
Le Sénégal et la Guinée-Bissau doivent protéger leurs ressources halieutiques, certes. Mais ils doivent aussi faire preuve d’humanité. Il est urgent de repenser les modalités d’accès à ces licences, d’instaurer des quotas sociaux ou des subventions pour les pêcheurs les plus vulnérables.
Sinon, ce protocole ne sera qu’un accord de plus signé loin des réalités. Et les piroguiers, eux, continueront de naviguer entre espoir, dette et répression.
Medy LAPATSH

