Les bateaux de pêche commandés par le gouvernement congolais auprès de l’Égypte sont enfin arrivés en RDC. Ce qui semblait être une attente interminable pour une population préoccupée par la sécurité alimentaire et la stabilité du panier de la ménagère s’est finalement concrétisée.
L’arrivée de ces engins fait susciter une question essentielle : “à qui revient la gestion de ces navires censés renforcer l’approvisionnement en poissons et réduire la dépendance aux importations ? Est-ce à l’Office National de la Pêche et de l’Aquaculture (ONPA), désigné par le président Félix Tshisekedi pour cette fin, ou au Service National de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture (SENADEPA), un département du ministère de la Pêche et Élevage qui continue d’exercer discrètement les mêmes fonctions ?
Cette confusion institutionnelle alimente les débats. Si l’ONPA a été officiellement mandaté par le chef de l’État, comment peut-il remplir efficacement sa mission alors qu’il évolue depuis sa création sans locaux ni budget de fonctionnement? Et pourquoi deux structures coexistent-elles au sommet de l’État pour une même fonction?
Face à l’arrivée tant attendue des bateaux de pêche, la confusion institutionnelle entre l’ONPA et le SENADEPA ne saurait perdurer. Il appartient désormais à l’autorité étatique de clarifier cette situation, afin de dissiper ces incertitudes et de permettre à chaque institution de s’acquitter pleinement de ses missions, car sans une gouvernance transparente et une répartition claire des responsabilités, les ambitions de souveraineté alimentaire risquent de rester lettre morte, alors alors même que la population attend, avec espoir, l’amélioration tangible de ses conditions de vie.
Rappelons que l’Office national de la pêche et de l’aquaculture, institué par décret en juin 2023 sous le mandat de l’ancien Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, est un établissement public chargé de stimuler la production halieutique et aquacole, et de valoriser la chaîne des valeurs dans ces filières.
Linda Imbanda

