À Kisangani, quelque chose bouge sur la rive droite. Là où les plantations de cacao s’étendent entre les villages et les forêts abîmées, des cultivateurs affûtent leurs gestes et leurs rêves. Ils ont reçu des outils, mais surtout une vision : celle d’un cacao congolais qui ne se contente plus de survivre, mais qui s’impose, exigeant sa place dans les circuits internationaux.
Dominique Kasimba, à la tête de la coopérative COCUCT, ne parle pas seulement de récolte. Il parle aussi de dignité retrouvée.
« Ce que nous construisons ici, c’est une filière qui respecte ceux qui la font vivre. Chaque planteur doit pouvoir vivre de son travail, envoyer ses enfants à l’école et bâtir sa maison ».
La stratégie est simple et ambitieuse: regrouper les volumes, maîtriser la fermentation, viser l’exportation directe. Fini les intermédiaires qui grignotent la valeur. Le cacao de Kisangani veut parler d’égal à égal avec les marchés du chocolat haut de gamme.
Dans les villages, les voix des cultivateurs confirment le changement. « Avant, on vendait sans savoir. Aujourd’hui, on comprend ce qu’on produit, et pourquoi ça vaut », a confié Jean Mokolo. À ses côtés, Albert Inès Mbikoba d’ajouter : « On ne dépend plus. On avance ».
Avec plus de 700 membres, la coopérative transforme les terres dégradées en pôles de production durable. Chaque sécateur distribué, chaque formation donnée, chaque protocole respecté est une brique de plus dans cette architecture nouvelle.
À Batiambale et Mbambayo, les pépinières témoignent d’un avenir en germination. Une conviction de se faire entendre dans les mots de Dominique, « la qualité ne se décrète pas, elle se cultive. Et c’est ce que nous faisons, jour après jour ».
Linda Imbanda

