La note officielle diffusée par le Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) le lundi 30 juin vient lèver le voile sur une décision stratégique : la reprise, par étapes, des importations de bovins, bisons et équidés en provenance du Mexique, suspendues depuis mai dernier en raison d’une menace parasitaire.
L’information, encore peu relayée dans les cercles médiatiques africains, constitue une donnée privilégiée pour les acteurs de l’agrobusiness et les observateurs des relations sanitaires internationales.

Cette décision des Etats-Unis est fondée sur un rapport confidentiel de l’APHIS, Service d’inspection sanitaire des animaux et des plantes du Département de l’Agriculture des États-Unis, ayant évalué la réponse mexicaine à la résurgence de la mouche à vis du Nouveau Monde (Cochliomyiahominivorax). Le rapport transmis aux décideurs américains le 28 juin dernier conclut à une stabilisation notable de la situation, grâce à des mesures de contrôle jugées « rapides, rigoureuses et scientifiquement fondées ».
La première réouverture aura lieu au port de Douglas, dans l’État de l’Arizona. Suivront d’autres postes-frontières au fil de l’été. À chaque étape, les autorités américaines procéderont à une analyse actualisée de risques. Cette information dessine en creux plusieurs constats géopolitiques et économiques. Il s’agit notamment de la santé animale qui devient un levier stratégique dans les négociations commerciales; de la transparence des données sanitaires qui n’est jamais absolue, mais filtrée par des logiques d’intérêt national.
Il est à noter que les pays du Sud, notamment en Afrique, pourraient s’inspirer de cette dynamique bilatérale pour affiner leurs propres dispositifs de prévention sanitaire et construire des mécanismes de réponse plus intégrés face aux menaces zoonotiques.
Medy LAPATSH

