La Confédération Nationale des Producteurs Agricoles du Congo (CONAPAC) a tenu un point de presse ce lundi 20 avril à son siège au quartier Bon marché à Kinshasa. Au cours de ce face-à-face avec la presse, il a été abordé les questions relatives aux projets agricoles stratégiques mis en place par le gouvernement et ses partenaires, pour le renforcement de la sécurité alimentaire en RDC.
Parmi les points débattus entre les responsables de cette institution de défense des intérêts des petits paysans et la presse locale, figurent l’étude du programme PRODAN; les lois agricole et semenciere; le Couloir vert et corridor de Lobito; ainsi que l’analyse sur l’Intervention du président de la République sur l’agriculture lors de la conférence des gouverneurs tenue à Bandundu ville.
Programme PRODAN, un échec ?
Comme la plupart de projets gouvernementaux déployés dans le secteur, « les résultats de recherches menées sur terrain par la Conapac sur le Programme d’Appui au Développement agro-Industriel de Ngandajika (PRODAN) ont révélé qu’aucun de tous les objectifs agricoles assignés à travers ce dernier n’a été atteint ».
La déclaration de Freddy Mumba, Responsable Chargé de renforcement des capacités des fédérations au sein de la CONAPAC est sans appel : « Le projet PRODAN prévoit de s’étendre sur une superficie de 2500 hectares à Ngandajika. Cet espace étant déjà occupé par des populations, son acquisition devrait être faite à travers l’indemnisation. Malheureusement, jusqu’ à l’arrivée de nos équipes sur terrain, nous avons fait un constat amer selon lequel, rien de tout ce qui était assigné comme objectif n’a été atteint. Or l’acquisition des terres constitue un préalable essentiel du programme, dont la date d’achèvement est prévue en 2027 », a-t-il révélé.
L’étape pilote étant un échec au regard de l’échéance fixée par le gouvernement et ses partenaires, cette confédération paysanne redoute sa répercussion dans les 22 autres provinces du pays, pendant que le gouvernement prévoit de l’étendre.
Loi agricole et sémencière en RDC
Quant à la loi semencière qui est encore en discussion à l’Assemblée nationale, la CONAPAC a loué cette initiative des élus du peuple de remettre ce sujet sur table. Elle suggère par ailleurs que son contenu tienne compte des préoccupations des paysans et des producteurs familiaux, qui sont souvent exclus des discussions autour de ce secteur d’activité dont ils sont les principaux acteurs. Elle recommande une organisation structurée autour des semences en RDC, afin de réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Concernant la loi agricole qui connaît plusieurs blocages depuis sa soumission à la précédente législature, la CONAPAC a sollicité l’accélération de son examen du projet, l’expansion du secteur en étant dépendant.
Couloir vert et Corridor de Lobito
La question de l’inclusion des producteurs agricoles et de la prise en compte de leurs intérêts dans les projets gouvernementaux comme le couloir vert Kivu-Kinshasa et le Corridor de Lobito, a été également reprise par Henoc Kumbali, Secrétaire exécutif adjoint intérimaire de la CONAPAC. Il estime qu’il « est impossible de développer le secteur agricole en RDC, en mettant de côté ses principaux acteurs ».
Linda IMBANDA

