En République démocratique du Congo (RDC), la canne à sucre représente une culture stratégique aux potentialités encore largement inexploitées. Malgré un climat favorable et des terres arables abondantes, l’industrie sucrière nationale peine à répondre à la demande croissante du marché intérieur. Parmi les rares piliers encore actifs, la sucrerie de Kwilu-Ngongo, située dans le Kongo Central, reste la plus emblématique. Elle fournit une part significative du sucre consommé localement, bien que sa capacité de production soit souvent freinée par des contraintes techniques et logistiques.

Autre acteur historique, la sucrerie de Kiliba, dans le Sud-Kivu, a connu une longue période d’arrêt avant de reprendre timidement ses activités dans le cadre d’un projet de relance agro-industrielle mis en place par le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), avec l’appui du gouvernement congolais. Cette industrie s’est relevée de ses cendres après 26 ans d’inactivité.
À côté de ces unités industrielles, plusieurs initiatives émergentes tentent de se frayer un chemin. Certaines coopératives agricoles et petites unités de transformation, notamment dans le Kwilu et le Haut-Katanga, s’efforcent de produire du sucre artisanal ou semi-industriel.
Bien que leur impact reste limité à l’échelle nationale, elles témoignent d’un regain d’intérêt pour la filière.

Cependant, la RDC continue d’importer une grande partie de son sucre, faute d’une production locale suffisante. Cette dépendance fragilise l’économie nationale et expose les consommateurs aux fluctuations du marché international.
Pour inverser cette tendance, une relance structurée de la culture de la canne à sucre s’impose. Cela passe par la modernisation des unités existantes, l’accompagnement des projets émergents, et la mise en place d’un cadre incitatif pour attirer les investissements dans la transformation locale. La diversification des débouchés comme l’éthanol, biogaz, mélasse que propose cette filière pourrait également renforcer sa viabilité économique.
La canne à sucre, bien plus qu’une culture, peut devenir un levier de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de développement industriel pour la RDC. Encore faut-il lui accorder l’attention stratégique qu’elle mérite.
Linda Imbanda

