La République démocratique du Congo veut franchir un nouveau cap dans sa quête de souveraineté alimentaire. À Kasangulu, dans le Kongo-Central, le Parti politique « Énergie Nouvelle », fait la proposition d’un programme « RDC Agro-Pêche-Élevage 2036 » qui ouvre la voie à une vision à long terme : faire de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage des moteurs de production, d’emplois et de développement.
L’ambition est claire : produire davantage localement pour réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires. Une nécessité pour un pays qui dispose pourtant d’immenses terres arables, d’importantes ressources en eau et d’un potentiel considérable dans les secteurs agricole, halieutique et pastoral.

Le long chemin entre potentiel et réalité
Sur le terrain, les producteurs font encore face au manque d’intrants, à l’accès difficile au financement, à l’insuffisance des infrastructures de stockage et de transformation, mais aussi aux difficultés d’évacuation des produits vers les grands centres de consommation. À cela s’ajoutent les problèmes d’accès aux marchés et la faible mécanisation de nombreuses exploitations.
La question est donc moins de savoir si la RDC peut produire, que de savoir comment transformer son potentiel en production régulière, compétitive et accessible aux consommateurs.
Le programme Agro-Pêche-Élevage 2036 pourrait ainsi constituer une opportunité de mieux coordonner les efforts dans ces trois secteurs. Mais sa réussite dépendra surtout de sa traduction en actions concrètes : accompagner les petits producteurs, sécuriser les zones de production, développer la transformation locale, améliorer les routes de desserte agricole et garantir des débouchés aux producteurs.
Pour les acteurs du secteur, la souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit dans les champs, les étangs, les fermes, les marchés et les unités de transformation.
À dix ans de l’horizon 2036, la RDC dispose des ressources pour nourrir sa population. Reste désormais à transformer ce potentiel en résultats visibles. C’est là que se jouera le véritable pari de la souveraineté alimentaire.
Parfait MONSENGWO

