« Le tissu économique rural congolais est menacé d’un pur et simple ! Il y a un risque que 60 % des exploitants agricoles perdent leur emploi. » Cette alerte a été lancée le samedi 26 juillet à Kinshasa par Jérôme SEKANA, coordonnateur de la plateforme des journalistes économiques d’investigation et de promotion citoyenne en RDC, Toile d’araignée, lors d’un point de presse consacré à la question cruciale de l’autosuffisance alimentaire en République Démocratique du Congo.

SMIG : Un seuil légal jugé suicidaire pour l’agriculture
Selon Jérôme SEKANA, la situation actuelle requiert une réaction urgente des autorités compétentes afin de sauver un secteur vital en train de s’effondrer. Il a rappelé que le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), bien qu’applicable à l’ensemble des secteurs professionnels, ne tient pas compte des réalités spécifiques du secteur agricole.
S’appuyant sur des observations de terrain corroborées par des données officielles de la FEC, le coordonnateur a mis en lumière les conséquences déjà visibles et d’autres à craindre à court terme de l’application uniforme de ce seuil salarial dans l’agriculture : perte massive d’emplois due à la faillite des structures agroalimentaires, plongeant des milliers de familles dans l’insécurité alimentaire ; disparition des programmes sociaux portés par les agro-industries rurales : écoles, centres de santé, réseaux d’eau potable, routes de desserte agricole ; afflux d’importations illégales, mettant en péril un secteur productif déjà vulnérable ainsi que la montée des tensions sociales, alimentées par l’insécurité, l’exode rural et les activités illicites.

SMAG : Un levier économique stratégique à instaurer
À l’inverse, Jérôme SEKANA et la plateforme Toile d’araignée plaident pour la mise en place d’un Salaire Minimum Agricole Garanti (SMAG). Selon eux, cette mesure constituerait un levier stratégique pour notamment stimuler la production nationale ; favoriser la diversification des sources de financement de l’économie ; améliorer le pouvoir d’achat des producteurs ; renforcer la sécurité alimentaire et la souveraineté économique ; mieux maîtriser l’inflation et stabiliser le cadre macroéconomique et créer des emplois durables à grande échelle.

Une vision présidentielle encore absente des politiques publiques
En conclusion, Jérôme SEKANA a exprimé sa déception face au programme gouvernemental porté par le gouvernement SUMINWA, qu’il juge en décalage avec la vision du chef de l’État. Il a ainsi lancé une question rhétorique à forte portée politique :
« La revanche du sol sur le sous-sol prônée par le Président de la République est-elle un mythe ou une réalité, un impératif social ou une priorité économique ? »
Face à l’urgence, il recommande l’instauration de mécanismes de concertation permanents et efficaces entre le Gouvernement Central et les acteurs locaux du secteur agricole.
Linda IMBANDA

