Loin des stades européens et des projecteurs du football international, Cédric Bakambu trace aujourd’hui des sillons dans les terres fertiles du territoire de Seke-Banza. L’attaquant congolais du Real Betis n’a pas troqué ses crampons, mais il les enfonce désormais dans la terre avec autant de conviction. Avec Bak’agri (Bakambu Agriculture), son projet agricole lancé en 2024, il signe une action d’envergure contre l’insécurité alimentaire dans le Kongo Central.

Bak’agri démarre avec 500 hectares de maïs, sur les 3 000 hectares prévus, cultivés dans la localité de Kinzau-Mvuete. Plus qu’un simple champ, c’est une vision : faire du secteur agricole un levier d’autonomisation sociale et d’emploi rural. « Je veux offrir du travail à la population et contribuer à vaincre le chômage », confiait Bakambu, ému lors du lancement.
L’initiative, portée par la Fondation Bakambu, s’appuie sur une gouvernance participative impliquant les autorités locales et les communautés rurales. Un modèle loin des schémas agro-industriels impersonnels.
Avec près de 28 millions de Congolais touchés par la faim, le geste de l’international congolais n’est pas anecdotique. Il incarne une tendance croissante : celle de sportifs africains qui investissent dans le développement durable au-delà de la philanthropie.
Bak’agri prévoit aussi une chaîne de transformation, visant à stabiliser les prix, valoriser la production locale, et lutter contre la dépendance alimentaire.
Par ailleurs, au courant de la semaine, le célèbre joueur international et ambassadeur de bonne volonté pour l’agriculture et la sécurité alimentaire de la RDC avait été reçu par le ministre de l’agriculture, Grégoire Mutshail, avec qui ils ont discuté de son projet Bak’agri. Pour le ministre de l’agriculture, Cédric Bakambu répond à l’appel du Chef de l’Etat lancé à tous les investisseurs internationaux et locaux d’investir en RDC.
Medy LAPATSH

