L’Afrique du Sud est devenue le principal centre mondial d’élevage de lions en captivité, alimentant trois filières lucratives : la chasse aux trophées, le tourisme animalier et la chaîne industrielle.
La première filière est celle qui consiste à abattre des lions. C’est la chasse aux trophées des « chasses en boîte » par des étrangers en quête de prestige. La chasse en boîte (ou canned hunting en anglais) désigne une pratique controversée dans laquelle des animaux, principalement des lions élevés en captivité, sont abattus dans des conditions artificielles et confinées.

La deuxième filière, c’est le tourisme animalier. Cette dernière met en exploitation les lionceaux pour des selfies et des interactions avant de les revendre. Le tourisme animalier, surtout avec les lions, est une forme de voyage qui attire les visiteurs vers des régions où ils peuvent observer des animaux sauvages dans leur habitat naturel ou parfois en captivité.
Enfin le commerce des os de lions. Environ 10 000 lions vivent dans des fermes privées en Afrique du Sud, souvent destinés à la chasse en boîte ou au commerce de leurs parties. Entre 2016 et 2019, plusieurs sources révèlent que plus de 3300 squelettes de lions ont été légalement exportés vers des pays comme le Vietnam et le Laos. Des lionceaux sont exportés vers l’Asie, où ils servent dans la médecine traditionnelle.
Bien que légale, cette chaîne industrielle suscite une indignation croissante. Loin de contribuer à la préservation des lions sauvages, elle perpétue une logique de rentabilité où l’animal devient un simple produit, exploité à chaque étape de sa vie. Cette marchandisation de la faune sauvage heurte les principes fondamentaux de l’éthique animale et compromet les efforts de conservation.

Face à cette dérive, ONG, chercheurs et militants multiplient les appels à une réforme profonde du secteur.
Pourtant, les intérêts économiques puissants et bien enracinés, freinent toute avancée significative, laissant l’Afrique du Sud confrontée à un dilemme : préserver son image de bastion de la biodiversité ou céder aux profits immédiats.
Medy LAPATSH

