30 juin 1960 – 30 juin 2025, 65 ans se sont écoulés depuis que la République Démocratique du Congo a fièrement conquis son indépendance. En ce jour de commémoration nationale, une interrogation résonne avec acuité : la véritable indépendance ne rimerait-elle pas avec la souveraineté alimentaire ?
Une question qui touche de plein fouet la réalité de milliers de Congolais, en particulier à Kinshasa. Patrice Musoko, Président de l’Association des Consommateurs des Produits Vivriers (ASCOVI), y apporte son éclairage.
« L’indépendance de la RDC reste essentiellement politique. Les Congolais n’ont pas encore conquis la souveraineté de leurs assiettes », a-t-il déclaré sans détour. Pour lui, si l’indépendance politique de 1960 a marqué la fin de la domination coloniale, la souveraineté alimentaire incarne une forme plus profonde d’émancipation, celle de nourrir dignement sa population sans recourir massivement aux importations ou à l’aide étrangère.
A son absence, le pays demeure vulnérable, tributaire des marchés internationaux, des fluctuations des prix agricoles, voire des volontés politiques extérieures.
Patrice Musoko plaide pour un changement de cap : investir davantage dans l’agriculture locale, renforcer les infrastructures, valoriser les savoirs paysans et promouvoir des initiatives innovantes et écologiques.
Selon lui, une approche agro écologique permettrait non seulement de nourrir durablement la nation, mais aussi de protéger un environnement menacé. Cette analyse soulève une vérité préoccupante qui, malgré les décennies écoulées, l’autonomie alimentaire de la RDC reste à construire. Une réflexion s’impose alors à chaque Congolais, quelle indépendance célébrons-nous réellement aujourd’hui ?

Est-elle purement symbolique, simplement historique, ou une œuvre collective encore à achever ? Des questions qui sont encore sans réponses.
Linda Imbanda

