Le Fumbwa (scientifiquement appelé Gnetum africanum, feuille de gazelle pour le commun de mortel) est cette plante sauvage qui, une fois passée entre les mains d’un fin gourmet, se transforme en une spécialité culinaire très irrésistible. Hier, c’était un plat uniquement réservé aux adeptes de la province du Kongo central, mais aujourd’hui, avec le mixage de cultures, le plat connaît son expansion. Il est répandu et consommé partout République Démocratique du Congo.

Une feuille pas comme les autres
Le Fumbwa ne se cultive pas, il se mérite. Ces feuilles grimpantes sont récoltées en forêt, puis finement découpées en lanières presque capillaires. Séchées pour la conservation, elles demandent une préparation minutieuse : un bon trempage pour leur redonner vie, avant de plonger dans le grand bain des saveurs.
La spécialité de son goût
Le génie de ce plat réside dans son contraste. Sa feuille apporte une mâche légèrement croquante et la pâte d’arachide quant à elle, vient napper les fibres de la plante pour créer une sauce veloutée, riche et généreuse.
On y ajoute généralement de la tomate, de l’oignon, un peu de poisson fumé pour la profondeur de goût (l’élément « umami »), et parfois un filet d’huile de palme pour la couleur et l’onctuosité.

Pourquoi est-ce irrésistible ?
Il y a un équilibre parfait entre l’amertume très légère de la verdure et la douceur sucrée-salée de la cacahuète. Accompagné d’un fufu élastique, de chikwangue ou de riz blanc, comme le préfèrent certains kinois, le Fumbwa est une expérience sensorielle complète : on mange avec les mains, on sauce, et on savoure chaque bouchée.
En plus d’être délicieux, les nutritionnistes affirment que le Fumbwa est une mine d’or nutritionnelle. Elle est riche en protéines, en acides aminés et en minéraux.
Medy LAPATSH

