Aussitôt investi à la tête du ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, l’ancien ministre du Développement rural, Muhindo Nzangi, a présenté une vision ambitieuse pour le secteur agricole congolais à l’échelle mondiale. Le nouveau patron du MINAGRI envisage de faire de la République Démocratique du Congo le premier producteur mondial de cacao.
Il l’a affirmé lors de la cérémonie de remise et reprise tenue le mardi 12 août 2025 au secrétariat général de ce portefeuille de l’État.

Pour cette vision qu’il qualifie lui-même de « révolution agricole agressive », il prévoit de mettre un accent particulier sur les filières d’exportation, notamment le cacao, l’huile de palme et le café.
Déterminé à conduire la RDC vers l’autosuffisance alimentaire de manière radicale, Muhindo Nzangi a interpellé les détenteurs de vastes étendues de terres arables inexploitées, les invitant à les valoriser sous peine de redistribution, dans le cadre de l’accompagnement de la vision du Chef de l’État.
Cette interpellation du ministre de l’agriculture n’est pas isolée. Il rejoint une lutte ancienne et légitime des communautés rurales pour la libération des terres arables accaparées par des élites ou des investisseurs étrangers, souvent au détriment de la souveraineté alimentaire ou du développement local.
Du Kongo Central à Beni-Lubero, en passant par les plateaux de Batéké, la question de l’accès aux terres agricoles reste un enjeu majeur. Souvent accaparées ou laissées en friche, ces terres suscitent à la fois des tensions et de grandes attentes au sein des communautés rurales.

En annonçant une possible redistribution, le nouveau ministre de l’Agriculture marque sa volonté de tourner la page de l’inaction. Son objectif : remettre les terres inexploitées au cœur de la production nationale, pour impulser une relance agricole durable et inclusive.
Linda Imbanda

