Lors du conseil des ministres tenu vendredi 5 septembre dernier, le Président Félix Tshisekedi a instruit cinq ministères clés du secteur économique et financier à élaborer en urgence un ensemble structuré de réformes. Parmi celles-ci figure la révision ciblée des taxes à l’importation, une mesure initialement adoptée en août 2024 pour alléger le panier de la ménagère. « Face à cette situation, le Président de la République a engagé, sous la coordination de la Première ministre, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, le ministre d’État de l’Économie nationale, le ministre de l’Industrie, ainsi que ceux des Finances et du Commerce extérieur, à concevoir un paquet cohérent de mesures, comprenant notamment la révision ciblée des taxes à l’importation, afin de protéger nos producteurs tout en préservant le pouvoir d’achat », a déclaré Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, lors du compte-rendu diffusé à la Télévision Nationale.
Une anticipation de Toile d’Araignée longtemps ignorée
Selon le compte rendu officiel, cette recommandation présidentielle vise à corriger la concurrence déloyale subie par les producteurs congolais, une réalité renforcée par l’entrée en vigueur de la mesure gouvernementale de suppression des taxes sur les produits de première nécessité.
En rejoignant tardivement le réseau des journalistes économiques d’investigation et de contrôle citoyenne, Félix Tshisekedi reconnaît implicitement les conséquences négatives que ces derniers avaient anticipées sur l’industrie locale.
Dès l’annonce de la suppression des taxes à l’importation sur les produits de première nécessité, Jérôme Sekana et le réseau « Toile d’araignée » avaient vivement réagi. Ils qualifiaient cette politique de « suicidaire pour l’économie nationale », soulignant les risques de contraction de l’industrie agroalimentaire et d’effondrement du tissu économique congolais, notamment dans le secteur de l’huile de palme, qui mobilise une main-d’œuvre estimée à plusieurs centaines de milliers d’emplois.
Malgré les multiples alertes formulées par cette ASBL, le silence prolongé du gouvernement a illustré une forme d’indifférence vis-à-vis des professionnels des médias. Pourtant, cette inflexion présidentielle vient confirmer le rôle essentiel du journaliste spécialisé dans la gestion du bien public.
Les recommandations de Toile d’araignée
Face aux tâtonnements gouvernementaux dans la stabilisation du panier de la ménagère, Jérôme Sekana avait proposé des pistes concrètes pour incarner la vision présidentielle : renoncer à la suppression des taxes sur les produits de première nécessité; retirer l’huile de palme de la liste des produits importables; investir dans la production locale à travers des subventions ciblées.
Pour lui, l’autosuffisance alimentaire ne peut être atteinte que par une stratégie cohérente, fondée sur la valorisation du potentiel agricole congolais.
Linda Imbanda

