La contribution à la sécurité alimentaire passe aussi par l’acquisition de nouvelles compétences et le renforcement des capacités des producteurs locaux. C’est dans ce cadre que Farms For Orphans DRC (FFO), structure spécialisée dans la recherche et mise sur pieds des protocoles pour l’adaptation des insectes aux milieux contrôlés, a organisé des formations intensives et pratiques en entomoculture, particulièrement en l’élevage des larves de charançon du palmier (Rhynchophorus phoenicis), localement appelées Mpose.
Ces sessions, tenues du 15 au 16 puis du 29 au 30 août 2025, se sont déroulées à la ferme de
production et de démonstration de FFO, située dans l’enceinte du Collège Doctoral de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Ces insectes comestibles, riches en protéines, lipides et autres nutriments essentiels, sont désormais perçus comme une solution innovante et durable face à l’insécurité alimentaire persistante en République Démocratique du Congo.

Une source précieuse de nutriments
Selon Mme LUKADI, ces larves sont particulièrement bénéfiques pour les enfants souffrant de malnutrition. « Il est scientifiquement prouvé que la viande ne contient pas plus de protéines que les insectes. De plus, il devient de plus en plus difficile de se procurer de la viande de nos jours », souligne-t-elle.
Traditionnellement, elles se consomment en sauce, séchées, en brochettes ou encore en papillote (Liboke). Elles représentent une ressource nutritive fiable et une alternative durable aux élevages conventionnels.
Un impact économique porteur
Au-delà de l’aspect nutritionnel, l’élevage des Mpose constitue une véritable opportunité économique pour les communautés vulnérables. FFO produit déjà plusieurs kilogrammes de larves, dont une partie est distribuée aux orphelins pour répondre à leurs besoins protéiques.
Parallèlement, l’organisation approvisionne certains restaurants et petits revendeurs, générant ainsi des revenus supplémentaires pour de nombreuses familles.
Production durable et défis
L’élevage repose principalement sur des déchets organiques, ce qui réduit considérablement les coûts d’investissement. Afin de limiter davantage l’impact environnemental, des alternatives sont mises en place pour produire sans abattre les palmiers.

Cependant, Mme LUKADI pointe un obstacle majeur : la rareté des intrants nécessaires, parfois disponibles uniquement à l’extérieur de Kinshasa. Elle insiste aussi sur la nécessité d’un soutien logistique pour aller au-delà de la simple production : « La transformation des moise en chips, bouillies, huiles et autres produits est indispensable. Produire, c’est bien, mais transformer, c’est mieux », affirme-t-elle.
Un potentiel à exploiter
La demande pour ces insectes est en forte croissance, soutenue par des actions de sensibilisation sur leurs bienfaits nutritionnels. À travers son programme de formation, Farms For Orphans démontre que des solutions locales peuvent répondre à des enjeux mondiaux tels que la malnutrition et la pauvreté.
En alliant traditions culinaires, innovation et durabilité, l’élevage des Mpose trace la voie vers une sécurité alimentaire renforcée et une amélioration tangible des conditions de vie des communautés congolaises.
Bénédicte NTANGA

