Dans un guide récemment publié par le Comité national pour l’agriculture familiale (CNPAF), il a été mis en avant des recettes culinaires traditionnelles congolaises, véritables trésors culturels et nutritionnels. La brochure intitulée « Recettes culinaires traditionnelles pour une alimentation équilibrée et saine » rappelle l’importance de plats ancestraux longtemps utilisés dans l’alimentation en RDC, notamment celle des enfants.
Parmi ces recettes figure une spécialité de la province du Kwango : une bouillie à base de maïs, soja, chenilles et arachides. Pendant plusieurs décennies, ce mets a constitué un pilier de l’alimentation complémentaire des nourrissons de moins d’un an, préparé avec soin par les femmes congolaises.

Un concentré de nutriments
Cette richesse culinaire congolaise est un véritable concentré de nutriments : le soja apporte des protéines de haute qualité et des vitamines du groupe B. Le maïs de son côté fournit des glucides complexes, essentiels pour l’énergie. Les chenilles connues pour leur richesse en fer, zinc et acides aminés sont indispensables à la croissance des enfants. Enfin les arachides complètent l’ensemble par leurs lipides sains et leur apport calorique.
Cette combinaison fait de la bouillie un aliment complet, capable de prévenir efficacement la malnutrition infantile. Elle assure aux nourrissons une croissance harmonieuse et une source d’énergie durable, tout en s’inscrivant dans une logique de souveraineté alimentaire.
Un patrimoine remplacé par l’industrie
Au fil des années, cette bouillie traditionnelle a été progressivement supplantée par des produits industriels importés. Leur marketing séduisant et leur présentation luxueuse ont convaincu de nombreuses familles que la modernité valait mieux que les bienfaits éprouvés des recettes locales. Pourtant, ces bouillies industrielles, souvent coûteuses et parfois sujettes à la contrefaçon alimentaire, n’offrent pas toujours la même richesse nutritive.

Un souvenir qui interpelle
Aujourd’hui, la bouillie traditionnelle au maïs, soja, chenilles et arachides comme la majorité de certains plats nécessaires à l’alimentation des enfants, énumérés dans cette brochure du CNPAF n’est plus qu’un lointain souvenir pour ceux qui l’ont consommée dans leur enfance. Elle incarne une réalité paradoxale : un aliment simple, efficace et culturellement enraciné, relégué au second plan par les logiques de marché et de consommation.
À travers cette brochure, le Comité national pour l’agriculture familliale (CNPAF) invite les congolais à réhabiliter les recettes traditionnelles dans les pratiques alimentaires contemporaines, non seulement pour lutter contre l’insécurité alimentaire, mais aussi pour préserver un patrimoine culinaire qui relie les générations et valorise les savoirs des femmes congolaises.
Linda IMBANDA
