La malnutrition infantile demeure un défi majeur dans les zones rurales, où l’accès limité à une alimentation équilibrée, aux soins de santé et à l’éducation nutritionnelle aggrave la vulnérabilité des enfants.
Face à cette situation, plusieurs acteurs communautaires et étatiques, ainsi que les ONG s’engagent à des initiatives afin de renforcer le bien-être des enfants.

Pour en savoir plus, Agriboost a interrogé Madame Ruth Londala, Nutritionniste et fondatrice de l’entreprise Londala Nutrition et Santé (LNS), spécialisée dans la sensibilisation, formation en nutrition, prévention de la malnutrition infantile et transformation d’aliments enrichis pour améliorer l’alimentation des familles, en particulier dans les zones rurales.
Selon son observation, les principales formes de malnutrition sont entre autres la malnutrition aiguë, caractérisée par une maigreur sévère, la malnutrition chronique reconnue par un retard de croissance, et les carences en micronutriments dont le fer, le zinc, la vitamine A, etc.
Évaluation et causes
« Nous utilisons des outils simples comme la mesure du périmètre brachial (MUAC), le poids pour l’âge, la taille pour l’âge, etc. Nous faisons également des enquêtes alimentaires pour comprendre les habitudes nutritionnelles », confie-t-elle.

Elle fait savoir par ailleurs que les principales causes de la malnutrition chez les enfants sont le manque de diversité alimentaire, le faible niveau d’éducation nutritionnelle des parents, les maladies fréquentes non soignées et le manque de moyens financiers qui favorise l’accès limité aux services de santé. Elle ajoute en outre que la faible implication des hommes et quelques traditions freinent les bonnes pratiques alimentaires, ainsi que l’accès difficile aux zones enclavées.
Prévention et innovation
Pour prévenir la malnutrition chez les enfants, Ruth Londala énumère quelques stratégies nécessaires. « Selon les stratégies clés établies, la prévention de la malnutrition passe par la promotion de l’allaitement maternel exclusif, l’introduction appropriée des aliments complémentaires, la formation des familles à l’utilisation d’aliments locaux enrichis et l’hygiène, ainsi que la consommation de l’eau potable ».
Et de noter, « nous avons mis en place une bouillie instantanée enrichie avec des ingrédients locaux. Nous avons également eu l’opportunité d’organiser des campagnes de dépistage nutritionnel et de formation des mamans relais dans les villages pendant notre stage professionnel ».
Éducation et sensibilisation
« L’éducation nutritionnelle est essentielle. Une maman bien formée devient un agent de changement dans sa communauté elle réduit les pratiques néfastes à la santé des enfants et améliore la prise en charge des enfants à la maison », souligne-t-elle.

« Nous particulièrement, nous utilisons des supports visuels en langues locales et des démonstrations pratiques et aussi en impliquant les leaders locaux, les relais communautaires et les écoles qui ont directement un accès auprès de leurs publics », ajoute t-elle.
Recommandations
Parmi ses recommandations, elle insiste sur la nécessité d’intégrer la nutrition dans les politiques de développement rural, de renforcer la formation des agents communautaires et de soutenir les initiatives locales de production alimentaire enrichie. Elle recommande également un meilleur suivi-évaluation au niveau des structures locales.
Linda Imbanda

