Depuis un laps de temps, la ville de Lubumbashi, capitale de la province du Haut Katanga traverse une réalité très alarmante. Dès l’aube, une épaisse fumée s’élève au-dessus des quartiers périphériques. Le ciel est gris, l’air irrespirable.
Ce n’est pas une brume matinale, mais le résultat du brûlage massif des déchets, combiné à la poussière des routes et aux rejets industriels. Une pollution qui ne touche pas seulement les poumons des citadins, mais aussi les sols, les cultures et les éleveurs.

Les zones maraîchères de la périphérie, notamment Kilobelobe, Kafubu et la vallée de la Luano, ne sont pas épargnées par la toxicité des particules issues de ces fumées. A en croire un ingénieur agronome, ces fumées ont le risque de se déposer sur les feuilles, altérer la photosynthèse et contaminer les récoltes des agriculteurs de ce coin.
Cela peut entraîner des risques tels que le changement de goût des produits maraîchers, voire leur coloration naturelle.
Alors que les pluies reprennent déjà, il est essentiel de penser à une alternative directe et efficace, parce que lorsqu’elles surviennent, elles entraînent avec elles les résidus acides des rejets miniers, infiltrant les nappes phréatiques et les rivières utilisées pour l’irrigation. Un poison pour la santé des hommes, mais aussi celle des plantes et des animaux.

Une absence de politique environnementale rurale
Le ministère de l’Environnement est pointé du doigt pour son inaction. Aucune mesure concrète n’a été prise pour interdire le brûlage des déchets ou contrôler les rejets industriels. Une loi sur les pollueurs-payeurs est toujours bloquée à l’Assemblée provinciale, laissant les agriculteurs livrés à eux-mêmes.
Appel des acteurs agricoles
Les coopératives agricoles, les ONG rurales et les associations de jeunes agriculteurs appellent à l’interdiction formelle du brûlage des déchets en milieu urbain et périurbain ; la mise en place des zones tampons entre les sites industriels et les terres agricoles ; les campagnes de sensibilisation sur les impacts de la pollution sur la santé humaine et animale, ainsi qu’un plan d’assainissement rural et urbain, avec des solutions de compostage et de valorisation des déchets.

Pas d’agriculture dans un air toxique
Lubumbashi est un poumon économique, mais la ville ne peut continuer à croître en sacrifiant ses terres, ses agriculteurs et ses éleveurs. Il est temps que les autorités agissent, que les citoyens s’unissent, et que les médias agricoles relaient ce cri d’alerte.
Medy LAPATSH.

