Fatigués de subir des pertes à chaque saison des pluies, les maraîchers du site Masina Rail 1 sont plus que jamais déterminés à mettre fin à leur principal fléau : les inondations répétitives causées par la rupture des digues.
Depuis quelques jours, les responsables administratifs de ce site ont engagé une mobilisation générale auprès de tous les usagers de Masina Rail. Maraîchers membres des associations, agriculteurs indépendants et commerçants revendeurs de légumes issus du site, tous, comme un seul homme, se sont engagés à changer les choses.

L’objectif est clair, réunir des fonds en interne pour la location d’un poclain, l’engin destiné à la réalisation de ce type de travaux.
Selon M. Mukengeshai, responsable administratif principal du site, une commission a déjà été mise en place pour évaluer l’ampleur des travaux. « Nous avons plusieurs problèmes qui entravent le bon fonctionnement de notre site maraîcher, mais la perte des cultures demeure le plus urgent. C’est pourquoi une commission s’est chargée d’évaluer le volume du travail afin de nous permettre d’estimer le budget nécessaire à sa réalisation », a-t-il expliqué.
A l’en croire, cette décision des maraîchers de se prendre en charge résulte des multiples cris d’alarme lancés aux autorités, mais restés lettre morte. Ces derniers se sont, selon lui, contentés de répondre aux besoins secondaires, comme la fourniture de semences et d’intrants.

« Nous nous sommes sentis obligés d’agir nous-mêmes, car ce sont nos cultures qui sont ravagées chaque année. Depuis plus de cinq ans, les eaux détruisent tout à chaque saison de pluies. Les autorités se limitent à nous remettre des intrants, alors que le vrai problème reste sans solution», déplore-t-il.
Le site maraîcher de Masina Rail, vaste étendue du Pool Malebo, est dédié aux activités champêtres. Depuis plus de cinq ans, les agriculteurs y subissent des pertes colossales, liées à la dégradation progressive des digues, provoquant des inondations régulières.
Face au silence persistant des autorités malgré leurs appels, les maraîchers ont décidé de prendre les choses en main. Ils espèrent ainsi, avant le retour des prochaines pluies, atténuer ce mal qui freine leur activité et leur survie économique.
Linda Imbanda

