La pénurie d’œufs s’installe durablement dans les rayons des grandes surfaces françaises en ce début d’année 2026. Entre transition écologique du secteur, explosion de la demande et aléas logistiques, le retour à la normale n’est pas attendu avant plusieurs mois.
Le constat est identique de Paris à Lyon : les linéaires de la grande distribution affichent un taux de rupture inédit, frôlant les 15 % dans certaines enseignes. Si la France reste le premier producteur européen, elle peine désormais à satisfaire l’appétit national. En cause, un effet de ciseaux brutal : d’un côté, un Français consomme plus d’œufs que jamais (environ 235 par an), portés par le prix attractif de cette protéine face à la viande. De l’autre, la production nationale marque le pas.
La filière paie le prix fort de sa mutation : le passage massif de l’élevage en cage vers le plein air ou le sol réduit mécaniquement les capacités de production de 20 % par bâtiment. Ajouter à cela des épisodes climatiques hivernaux ayant perturbé les chaînes logistiques et des importations massives captées par l’industrie agroalimentaire et le déséquilibre devient critique.
L’interprofession (CNPO) se veut toutefois rassurante sur le long terme : la mise en service de nouveaux bâtiments devrait permettre un début de rééquilibrage au second semestre 2026. En attendant, les consommateurs sont invités à se tourner vers les circuits courts, moins touchés par les blocages des centrales d’achat.
Medy LAPATSH

