Dans une note d’orientation récemment publiée sur son site officiel, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) a exhorté les dirigeants mondiaux réunis à la 30eme Conférence des Parties (COP30) sur le climat, de placer l’agroécologie au cœur de la stratégie africaine d’adaptation et de résilience face au changement climatique.

Intitulée « Adaptation, résilience et atténuation par l’agroécologie », cette note invite les décideurs à rejeter certaines orientations adoptées lors des précédentes COP, notamment l’agriculture intelligente, les solutions basées sur la nature et le commerce du carbone.
Pour l’AFSA, ces approches constituent de fausses solutions climatiques, profitant essentiellement aux pays riches et industrialisés, tandis que la majorité des pays africains subissent une dégradation climatique qui fragilise leurs activités agricoles et accentue l’insécurité alimentaire. « Il est préoccupant de constater qu’une grande partie des approches dites durables reposent sur des concepts non définis et des fausses solutions, telles que les solutions fondées sur la nature ou l’échange de droits d’émission de carbone, dont il n’a pas été prouvé qu’elles contribuent de manière durable à l’action climatique sur l’agriculture et la sécurité alimentaire », déplore le texte.
Les recommandations de l’AFSA à la COP30
Pendant que la COP30 se tenait à Belém au Brésil, l’AFSA a énuméré à travers cette note, quelques recommandations en vue de renforcer l’adaptation et la résilience au climat grâce à l’agroécologie : Intégrer l’agroécologie au cœur des décisions climatiques sur agriculture et sécurité alimentaire; Garantir des financements accessibles, via subventions, pour les communautés vulnérables; Activer le Fonds pertes et dommages, avec priorité aux petits producteurs; Fixer des objectifs mesurables pour soutenir des adaptations durables comme l’agroécologie. Ainsi, il convient donc d’écarter les fausses solutions, notamment l’agriculture intelligente, solutions basées sur la nature, commerce du carbone.

Une énième COP sans solutions concrètes pour les pays
La réunion des Nations Unies sur le climat s’est clôturée le samedi 22 novembre dans un climat d’insatisfaction pour la majorité des pays africains. Au sortir de ces assises de près de deux semaines, les délégations africaines ont exprimé une profonde insatisfaction, dénonçant des engagements trop généraux et peu adaptés aux réalités du continent. Ce qui rejoint la position de l’AFSA.
Les délégations africaines ont rappelé que les populations rurales et les petits producteurs sont les plus exposés aux effets du changement climatique, et ont plaidé pour une justice climatique ainsi que des réformes financières permettant un accès réel aux fonds internationaux.
Dans son discours de clôture, Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, a insisté sur la « nécessité de solutions conçues par et pour l’Afrique, afin de concilier développement et résilience face au réchauffement climatique ».
Il sied de savoir que l’AFSA est une puissante coalition regroupant 48 organisations en réseau, représentant plus de 200 millions de petits producteurs alimentaires, éleveurs, peuples autochtones, jeunes, femmes et communautés religieuses dans 50 pays africains. Elle se positionne comme une voix majeure pour défendre la souveraineté alimentaire et promouvoir l’agroécologie comme réponse durable aux crises climatiques et alimentaires.
Linda Imbanda

