Dans une décision inédite, la commune de Couvin a adopté un règlement permettant aux habitants d’être inhumés avec les cendres de leurs animaux de compagnie. Cette mesure, entrée en vigueur le 1er novembre 2025, s’inscrit dans le cadre du décret wallon de 2024 qui autorise les communes à intégrer les urnes animales dans les sépultures humaines.
Couvin, territoire marqué par ses paysages agricoles et forestiers, illustre ici une évolution culturelle profonde : reconnaître la place des animaux dans la vie quotidienne des familles rurales. Les chiens, chats, mais aussi chevaux ou animaux de ferme, sont souvent considérés comme des compagnons de travail et de vie. Leur intégration dans le repos éternel traduit la volonté de prolonger ce lien au-delà de la mort.
Une décision communale pionnière
Sous l’impulsion du bourgmestre Raymond Douniaux, le conseil communal a voté cette mesure qui répond à une demande croissante des habitants. Elle reflète une sensibilité nouvelle : les animaux ne sont plus seulement perçus comme des auxiliaires agricoles ou domestiques, mais comme des membres à part entière de la cellule familiale.

Portée agricole et sociale
Dans une région où l’agriculture familiale façonne l’identité locale, cette initiative prend une valeur particulière : elle souligne le lien affectif et utilitaire entre agriculteurs et leurs animaux, transforme le repos partagé en symbole de gratitude pour leur contribution à la vie de la ferme, et instaure un rituel communautaire porteur de solidarité et de cohésion villageoise.
Entre tradition et modernité
Si certains peuvent s’interroger sur la frontière entre rites humains et animaux, la décision de Couvin illustre une adaptation des traditions funéraires aux réalités contemporaines. Elle témoigne d’une ruralité qui évolue, intégrant les dimensions affectives et culturelles dans ses pra modernités
Medy LAPATSH
