Alors que les épisodes de sécheresse se multiplient à l’échelle mondiale, notamment en Europe, une récente étude de la coalition Fairr alerte sur un paradoxe préoccupant : malgré leur forte dépendance à la ressource en eau, les industriels de l’agroalimentaire continuent de négliger ce risque dans leur stratégie.
Près des deux tiers des grandes entreprises du secteur seraient exposés à un risque élevé lié à l’eau.
Selon les chercheurs de Fairr, coalition spécialisée dans les risques ESG de l’industrie agroalimentaire, la majorité des entreprises sous-estiment l’impact potentiel du stress hydrique sur leurs chaînes de production.

Pourtant, la Banque centrale européenne estime que la sécheresse pourrait menacer jusqu’à 15 % du PIB européen dans les années à venir.
Face à cette urgence, Fairr appelle les investisseurs institutionnels à exercer une pression similaire à celle déployée sur la question climatique. Les industriels sont invités à fournir des données détaillées sur leur consommation d’eau, leur approvisionnement dans des zones sensibles, et l’empreinte hydrique de leurs produits. Des objectifs de réduction de l’utilisation de l’eau sont également demandés.
L’enjeu est de taille : sans adaptation, le secteur agroalimentaire, en première ligne face au stress hydrique, risque des pertes économiques massives. Pour Fairr, il s’agit désormais de “préserver la valeur à long terme du secteur agroalimentaire” en intégrant pleinement le risque “eau” dans les politiques industrielles.
Bénédicte NTANGA

