En début de cette nouvelle année, le Président militaire burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré, a affirmé devant la presse que son pays a atteint l’autosuffisance alimentaire. Le chef de l’État du Burkina Faso a attribué ce résultat aux efforts de relance du secteur agricole, notamment à travers la mécanisation, l’appui aux producteurs et la distribution d’intrants. Mais l’on se pose la question de savoir si ce n’est pas sur ces éléments là que le secteur agricole congolais s’appuie depuis la réélection du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Et de savoir également pourquoi les résultats sont différents ?
La question de la relance du secteur agricole congolais a fait et continue à faire partie des priorités de son gouvernement. Mais l’impact est moins admiratif que celui constaté au Burkina Faso. L’évolution de ce secteur semble se limiter qu’au niveau des accords signés avec des partenaires internationaux. Alors que de l’autre côté, le gouvernement fait confiance à ses sujets et travaille d’arrache-pied pour nourrir tout son peuple.

L’envol du secteur au Burkina
Depuis l’arrivée au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso a opéré un tournant radical vers la souveraineté économique. Le mot d’ordre du leader Burkinabé était clair : « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons ». Un engagement qui a conduit à des résultats spectaculaires.
La production des céréales a franchi la barre symbolique des 7 millions de tonnes pour la campagne 2025-2026 (une hausse de 20 % par rapport aux années précédentes). Le taux de couverture des besoins céréaliers du pays a atteint 126 %, un niveau jamais atteint, permettant de dégager un excédent pour les stocks de sécurité.
Qu’en est-il du Congo ?
Jusque-là, le pays continue avec la prolifération des accords et des projets sur papier, faisant ainsi espérer à la population congolaise en général une autosuffisance alimentaire lointaine. Sur papier, la solution est présente. Mais hélas ! Une solution qui ne résout aucun besoin concrètement.
Le pays peine encore à se stabiliser et à nourrir son peuple avec ses propres ressources. Il a tout pour occuper une place considérable dans la production des denrées alimentaires dans le monde, mais continue à dépendre des importations. « La revanche du sol sur le sous-sol » n’est encore qu’un simple slogan qui n’a pas encore réellement atteint ses attentes. Il n’est pas à douter que le secteur fait face à beaucoup de réalités, en l’occurrence l’insécurité dans l’Est du pays. Mais ce n’est vraiment pas une raison primordiale de la nonchalance dans ce secteur.
Medy LAPASH

