Souvent célébrés comme les “architectes du sol”, les vers de terre jouent un rôle majeur dans la fertilité et la durabilité agricole. Mais leur présence n’est pas toujours synonyme de bénéfices. Entre avantages indéniables et quelques inconvénients, leur intégration dans les pratiques agricoles mérite une réflexion approfondie.

Architectes et fertilisants du sol
Le réseau de galeries des verres de terres améliore l’aération des sols, la circulation de l’eau et favorise un meilleur enracinement des cultures. Ils transforment les résidus organiques en humus riche et en nutriments, réduisant ainsi le recours aux engrais chimiques dans la pratique maraîchère.
Par ailleurs, l’apport des ces insectes dans la fertilisation naturelle des sols est aussi bien connu des exploitants des terres; leurs déjections, appelées turricules, sont de véritables engrais biologiques. Elles stimulent la biodiversité microbienne et accélèrent le cycle du carbone et de l’azote.
Inconvénients à ne pas négliger
Si la présence des vers de terre présente des multiples avantages pour le sol, cela n’exclut pas quelques préjudices qu’ils peuvent occasionner, notamment la propagation de pathogènes très nuisibles aux cultures comme les champignons ou nématodes; l’excès d’humidité; toutes les espèces n’étant pas bénéfiques au sol, certaines peuvent entrer en compétition avec les cultures ou favoriser la décomposition trop rapide de la matière organique

Intégration dans la pratique agricole
L’intégration des vers de terre dans les pratiques maraîchères ne requiert pas de grands efforts, mais plutôt quelques ajustements favorables à leur présence. Il s’agit notamment de réduire le labour intensif, d’enrichir le sol par des apports réguliers de compost et de résidus végétaux, de maintenir une couverture végétale pour protéger et nourrir le sol. Il s’agit également de limiter l’usage d’intrants chimiques qui perturbent leur activité, et de recourir à l’agroforesterie afin de créer un microclimat propice à leur développement.
Les vers de terre sont des alliés précieux des expo, mais leur rôle n’est pas exempt de limites. Les intégrer dans les pratiques agricoles demande une approche équilibrée, respectueuse de leur habitat et consciente des risques. En les protégeant, les agriculteurs investissent dans la durabilité de leurs sols et la souveraineté alimentaire de demain.
Linda IMBANDA

