Les professionnels des médias spécialisés dans le secteur de l’environnement ont été appelés au respect de l’éthique et de la déontologie journalistique dans l’exercice de leur métier, notamment lorsqu’il s’agit de dénoncer les délits et abus. Ce conseil a été formulé par Daniel Mukubi, Chef de division Changements climatiques au Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), lors des tables rondes sur la protection juridique des journalistes environnementaux organisées par l’ASBL Mkaaji Mpya, les 21 et 22 juillet 2023 à Kinshasa.

« J’encourage les journalistes environnementaux à poser des questions et à ne surtout pas épargner celles qui dérangent. Ils doivent toutefois le faire avec méthode, conscience et respect de l’éthique et de la déontologie sans oublier de se munir du courage, de la responsabilité et de la prudence, car l’environnement n’est pas seulement un sujet d’enquêtes mais surtout un terrain de confrontation où la quête du journaliste se heurte à des forces qui ne souhaitent pas être nommées », a déclaré Daniel Mukubi.
Ces tables rondes ont sanctionné les activités en présentiel du projet Renforcement des capacités des journalistes environnementaux: accès à l’assistance juridique et soutien par les paires en République Démocratique du Congo, lancé en juin dernier avec une série d’ateliers en faveur des journalistes sélectionnés à travers une bourse, dans les provinces de Sud-Kivu et Kinshasa. Ce projet concourt à renforcer la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et la couverture des enjeux environnementaux.
Les deux jours d’échanges ont été bénéfiques pour les participants: la première journée a été marquée par le partage d’expériences et témoignages de journalistes ayant subis les arrestations arbitraires et les intimidations dans leur travail, ainsi que par la présentation de la cellule juridique et de la plateforme Connect journalists. L’Asbl a également mis en avant des opportunités offertes aux professionnels de la plume, telles que des bourses d’accompagnement et de formation, et a formulé une série de recommandations.

La deuxième journée a été consacrée à l’analyse approfondie des thématiques liées aux droits des communautés locales et des peuples autochtones, aux conflits fonciers et aux exploitations illégales des mines et des forêts. Les journalistes ont été appelés à se référer aux textes légaux pour identifier les abus et définir des voies de sortie en cas de menaces dans le cadre de leurs enquêtes.
L’Unpc au service de la presse
Présent à ces assises, le Secrétaire général de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) est revenu sur les mécanismes de protection mis en place par l’Unpc en faveur des journalistes. « L’Unpc a un cabinet d’avocats dans chaque section, répartie dans les provinces pour assister juridiquement les professionnels de médias, nous avons également établi une structure comme passerelle entre l’Upc et le conseil de la magistrature afin que le journaliste soit jugé avec respect des textes légaux. Seulement, ce dernier doit être reconnu en tant que professionnel de média et membre de l’Unpc à travers une carte lui octroyé », a déclaré Jasbey-Kamil Zegbia, Secretaire Général de l’Unpc.
Appelés à couvrir des enquêtes de forte sensibilité, les journalistes environnementaux demeurent particulièrement exposés aux pressions et aux violences. Doter ces professionnels de moyens de prévention, de défense et de protection juridique traduit non seulement l’engagement de Mkaaji Mpya, mais aussi la nécessité pour l’ensemble des acteurs institutionnels et sociaux de garantir un espace de liberté où l’information circule sans entraves.
Linda IMBANDA

