La République Démocratique du Congo est considérée comme l’un des pays les plus riches du monde, avec des potentialités forestières énormes et une biodiversité exceptionnelle. Pourtant, malgré ces atouts stratégiques, le pays peine à se développer depuis 1960, année marquant la fin de la colonisation et l’accession à l’indépendance.
Pour examiner en profondeur cette problématique et proposer des voies de sortie, des experts et chercheurs se sont réunis ce jeudi 18 juin 2026 à Kinshasa, au salon rouge du ministère des Affaires étrangères, autour d’une conférence sur la durabilité organisée par le Centre interdisciplinaire et de recherche sur le développement durable (CIRADD).

Diagnostic et solutions des experts
Passés tour à tour à la barre pour présenter leurs diagnostics, les principaux défis relevés par les intervenants ont été d’ordre éducatif, environnemental, socio-économique, scientifique, mental et identitaire.
Le professeur Daniel Mulenda a identifié quatre erreurs stratégiques majeures à l’origine du sous-développement de la RDC : « le maintien sans raison d’un modèle économique inapproprié ; une gouvernance prédatrice marquée par la primauté de la politique sur l’économie ; la balkanisation et le démantèlement de l’économie observés par la sécession des circuits et la prédation des ressources ; ainsi qu’un modèle économique individualiste centré sur les IDE, au détriment du marché local », a-t-il relevé.
Il estime que « l’économie seule peut potentiellement mettre fin aux guerres que connaît la RDC pour ses ressources, mais si et seulement si elle sortait de l’informel pour valoriser autrement ses richesses, en procédant à un inventaire et à une gestion rationnelle des réserves ».

Le professeur Emile Bongeli, quant à lui, se montre catégorique : « Il faut une refondation du système politique et économique congolais, car inspiré et mis en place par l’Occident, il a pour objectif la domination », a-t-il expliqué. Selon lui, « la démocratie n’a permis à aucun pays de se développer ; les grandes nations occidentales se sont construites sur la dictature et la prise de pouvoir sur les autres ». Il estime que l’État doit se refonder en basant sa nouvelle vision sur le principe du Ubuntu, afin de créer sa propre identité scientifique.
Cette journée d’échanges a connu la participation de plusieurs experts tels que l’ingénieur Alain Fournier, les professeurs Marie-Claire Yandju, Afumba Nganda, Dicky Dikisongele, et bien d’autres encore.
Les débats étant riches et passionnés, la capitalisation des recommandations des chercheurs se fera par l’équipe coordinatrice du CIRADD dans un bref délai, coulées sous forme d’actes du CIRADD.
Linda Imbanda

