Le 12 août, à l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse, le regard se tourne vers une jeunesse engagée, créative et résolument tournée vers les solutions durables.
Parmi les secteurs qui voient émerger une nouvelle génération d’acteurs dynamiques, l’agriculture se démarque de plus en plus comme un terrain d’innovation et d’entrepreneuriat pour les jeunes.
Autrefois considérée comme un secteur « réservé aux anciens », l’agriculture attire désormais des jeunes diplômés, techniciens, communicants, ingénieurs… Ils voient en elle une opportunité économique, sociale et écologique.
Grâce aux nouvelles technologies, à l’agrobusiness, à l’agriculture bio ou urbaine, ces jeunes réinventent la manière de cultiver et de nourrir les communautés. A l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, cette catégorie de la population est liée à l’entrepreneuriat agricole.

Ether Kassongo, jeune licencié en communication des organisations, entreprend dans la fabrication des jus au Baobab partage une vision claire : « l’agriculture représente une voie solide pour le développement des jeunes et du pays. C’est un secteur capable de mobiliser une grande partie de la population et de stimuler la croissance économique ».
Pour lui, le premier levier c’est l’accès à la formation. « On ne peut pas financer un jeune qui n’a aucune notion du secteur. Il faut d’abord l’information, et cela passe par la formation pratique », insiste-t-il, en appelant à la création de centres de formation spécialisés en agriculture et transformation agroalimentaire.
Ether Kassongo, engagé dans la transformation agroalimentaire, est l’exemple vivant d’une jeunesse qui se lève, se forme, s’organise et agit. Il l’illustre par son message: « former, unir et soutenir les jeunes dans l’agriculture, c’est semer les bases d’un avenir prospère ».

Pour Minerve Ntari, jeune entrepreneur dans la fabrication de jus de « tangawisi », l’agriculture est une activité très importante, car elle constitue la source même de la force de l’homme.
« Sans nourriture, il n’y a pas d’énergie, pas de mouvement, pas de vie. Vivre sans agriculture, c’est quasiment nier l’existence humaine. Dieu lui-même est le premier agriculteur, plaçant Adam et Ève dans un jardin rempli de produits agricoles », a-t-il dit. Il évoque aussi les figures bibliques telles que Caïn et Abel, dont les activités principales tournaient autour de l’agriculture et de l’élevage. Il souligne que l’agriculture peut transformer la RDC, « pays solution », riche en terres arables. Il appelle le gouvernement à investir massivement dans ce secteur, avant de lancer un appel fort à la jeunesse. « L’agriculture est une mine d’or, mais beaucoup de jeunes la négligent et elle est plus qu’une simple activité : un pilier de vie, un héritage divin, un levier de développement, et une solution durable aux défis alimentaires mondiaux ».
Jeunesse et agriculture de demain
Bien que les jeunes entrepreneurs agricoles rencontrent des obstacles tels que l’accès à la terre, le financement, l’accompagnement technique, leur détermination reste forte. Beaucoup se regroupent en coopératives, lancent des projets innovants de transformation, ou utilisent les réseaux sociaux pour valoriser leurs produits.
À l’heure du changement climatique et de l’insécurité alimentaire, soutenir ces jeunes agripreneurs, c’est investir dans un avenir résilient. Gouvernement, ONG et partenaires spécifiques doivent renforcer les mécanismes d’accompagnement notamment en termes de subventions, formations, accès au marché et réseautage.
En ce jour spécial en l’honneur de la jeunesse, hommage doit être rendu aux jeunes qui sèment l’espoir à travers l’agriculture. Ils ne sont pas seulement les bénéficiaires du développement, ils en sont les acteurs. L’avenir de l’agriculture africaine et mondiale se cultive avec et par la jeunesse. La jeunesse d’aujourd’hui est l’avenir de demain.
Bénédicte NTANGA

