L’Association des Consommateurs des Produits Vivriers (Ascovi) a suggéré au gouvernement congolais la mise en place d’un mécanisme national de gestion des alertes sur les produits alimentaires contaminés. Cette proposition figure dans une note dont une copie est parvenue à la rédaction d’Agriboost.info, signée par Patrice Musoko, président de l’Ascovi.
« Face à la régularité des produits alimentaires contaminés en provenance de l’étranger sur le marché congolais, nous estimons qu’il est urgent de créer une agence spécialisée capable de gérer les alertes et d’assurer la protection des consommateurs », peut-on lire dans ce document.

Alerte sur les cuisses contaminées
Cette recommandation intervient à la suite d’une alerte lancée le 24 juin dernier par l’Office Congolais de Contrôle (OCC), signalant la présence sur le marché d’un lot de cuisses de poulets congelées en provenance de Pologne, contaminées par la bactérie Salmonella Enterica.
Ce lot déjà parvenu à Kinshasa « est composé de 1 384 colis de cuisses de poulets de 500 grammes chacun, dont la date d’expiration remontait au 14 mai est importé par la société IBD Business and Insight Compagny Sarlu, établie à la galerie du Centenaire dans la commune de Lingwala », a signalé l’OCC qui s’est référé à une communication du 28 mai, du Système d’alerte rapide de l’Union européenne (RASFF).
Retard d’alerte, consommateurs exposés
L’’alerte de l’OCC est intervenue près d’un mois après celle du RASFF.
« Ce lot d’aliments impropres à la consommation est probablement déjà présent dans les assiettes des consommateurs, qui courent un danger sanitaire », déplore cette association. D’où son appel pressant à la mise en place d’un mécanisme rapide et efficace d’alerte sur les produits contaminés, afin d’éviter que de tels retards ne mettent en péril la santé publique.
Recommandations de l’Ascovi
L’organisation instruit par ailleurs les instances de contrôle, notamment l’OCC, d’identifier les produits contaminés déjà distribués sur les marchés ; mettre en place des mécanismes de retrait immédiat de ces produits et prévoir l’indemnisation des victimes exposées à ces aliments dangereux, notamment les revendeurs et les acheteurs.
Cette situation marquée par l’accès des aliments impropres à la consommation sur le marché congolais et le retard d’alerte de ces derniers au public révèle l’absence d’un système national d’alerte rapide, les limites des dispositifs existants et la fragilité des institutions chargées du contrôle des aliments en RDC. Pour l’Ascovi, il s’agit d’une urgence sanitaire qui exige une réponse structurée et coordonnée.
Linda Imbanda

