Un webinaire consacré à l’étude sur les systèmes alimentaires scolaires en Afrique s’est tenu le mardi 20 octobre 2026. Organisée par la Plateforme panafricaine des agriculteurs (PAFO), en partenariat avec l’Andreas Hermes Akademie (AHA), cette rencontre a permis d’examiner les possibilités de connecter les jeunes entrepreneurs agricoles et les organisations de producteurs aux programmes d’alimentation scolaire. L’objectif est de créer des débouchés durables pour la production locale et de contribuer à la transformation des systèmes alimentaires sur le continent.
La session a également donné lieu à un partage d’expériences issues d’initiatives déjà mises en œuvre. À cette occasion, Aristote Mangamania, président de l’Association paysanne des jeunes agricoles de la COPACO-PRP, a présenté le Restaurant de la souveraineté alimentaire, un modèle qui approvisionne la population kinoise en produits locaux issus des exploitations paysannes membres de la confédération.

Il a plaidé pour la duplication de cette initiative, notamment dans les cantines scolaires, où les apprenants sont de plus en plus exposés aux conséquences de la consommation d’aliments ultra-transformés. « Avec la COPACO-PRP, nous avons pu mettre en place le Restaurant de la souveraineté alimentaire à la N’sele. Les jeunes paysans y sont formés afin de fournir des aliments de qualité tout en prévenant les pertes post-récolte », a-t-il expliqué.
Prolongeant la réflexion, Jean-Claude Sabushimike, directeur exécutif de la CNOP Burundi, a présenté les résultats du Programme national d’alimentation scolaire financé par le Programme alimentaire mondial (PAM). Selon lui, cette initiative a non seulement permis d’offrir une alimentation plus saine aux élèves, mais aussi de créer des marchés stables pour les producteurs locaux. L’approche mise en œuvre contribue au renforcement des économies rurales ainsi qu’à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des enfants au Burundi.
De son côté, Elisabeth Atangana, présidente de la CNOP-CAM (Cameroun), a partagé l’expérience du programme TAFS à travers la campagne « Je mange camerounais en milieu scolaire ». Elle a souligné que les exploitations familiales peuvent devenir des fournisseurs fiables des programmes d’alimentation scolaire lorsque les producteurs bénéficient d’un accompagnement adéquat en matière de planification, de commercialisation et de respect des normes de qualité.

Cette rencontre virtuelle, qui a placé les systèmes alimentaires au cœur du développement de l’agriculture familiale, a été facilitée par la Plateforme régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale (PROPAC).
À travers leurs témoignages, les intervenants ont démontré que l’alimentation scolaire constitue un levier stratégique pour répondre simultanément aux besoins nutritionnels des enfants et offrir des opportunités économiques aux producteurs locaux. Ils ont également mis en évidence le potentiel des achats institutionnels pour dynamiser les filières agricoles nationales et renforcer la souveraineté alimentaire en Afrique.
Linda IMBANDA

