Tandis que l’Est de la RDC traverse une crise sécuritaire persistante, une autre forme de résistance s’est exprimée à Goma les 11 et 12 août, celle des coopératives caféières.
La deuxième édition de Best of Congo Coopératives a réuni vingt structures agricoles venues du Nord et du Sud-Kivu, déterminées à faire entendre leur voix sur la scène internationale.

Malgré les routes bloquées, les banques fermées et le retrait de nombreux acheteurs, ces coopératives ont réussi à produire des micro-lots de qualité, allant de 300 à 1500 kilos. Une prouesse qui témoigne d’une résilience remarquable, portée par des femmes, des jeunes et des communautés entières engagées dans la filière café.
Organisé simultanément à Goma et à New York, l’événement a mêlé concours de qualité, conférence stratégique et préparation d’une enchère internationale.
Le thème choisi, « la résilience du secteur du café face aux défis sécuritaires et socio-économiques » a donné le ton : il ne s’agissait pas seulement de célébrer le goût, mais de repenser les fondations d’un secteur fragilisé.

Cette édition a également mis en lumière une dynamique collective en pleine transformation. Les coopératives ne se contentent plus de produire, mais elles innovent, s’organisent et revendiquent leur place dans les circuits commerciaux mondiaux. Le café congolais, longtemps marginalisé, affirme désormais son identité et sa qualité.
La prochaine étape prévoit une enchère en ligne qui pourrait propulser ces micro-lots vers les marchés américains. Mais au-delà du commerce, c’est une nouvelle narration qui s’écrit, celle d’un café enraciné dans la dignité, la stratégie et l’espoir.
Linda Imbanda

