La République Démocratique du Congo a marqué un tournant majeur en devenant le premier pays à signer le nouvel Accord International sur le Cacao (AIC) 2026 au siège de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) à Abidjan en Côte d’Ivoire. La cérémonie, tenue le 2 juin 2026, a réuni le Directeur exécutif de l’ICCO, Michel Arrion, l’Ambassadeur Aly Touré, porte-parole des pays producteurs, ainsi que des diplomates de l’Union européenne et l’Ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a apposé la signature au nom du Chef de l’État, mandaté par la ministre d’État aux Affaires étrangères.
Cet accord vise à garantir un revenu décent aux producteurs de cacao, à renforcer la durabilité de la filière par la traçabilité et la lutte contre la déforestation, et à consolider la gouvernance mondiale du secteur. Il regroupe 51 États membres, dont 22 exportateurs et 29 importateurs, et constitue un cadre stratégique pour un commerce plus équitable et respectueux de l’environnement.

Par ailleurs, cette signature illustre pour le pays de Lumumba une volonté de diversification économique. Le pays, longtemps centré sur ses ressources minières, affirme désormais ses ambitions agricoles. La production nationale de cacao est passée de 41 000 tonnes en 2021 à près de 100 000 tonnes en 2025, portée par les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Bas-Uele et du Haut-Uele. L’objectif est clair : intégrer le top 3 mondial des producteurs de cacao d’ici 2030.
Bénéfices attendus et défis de la filière
Les bénéfices attendus sont considérables, notamment l’accès aux données stratégiques du marché mondial, une participation active aux décisions internationales sur les prix et les normes, ainsi qu’un appui technique pour développer la filière nationale.
Toutefois, des défis persistent, tels que la contrebande transfrontalière, le manque d’infrastructures agricoles et routières, et la nécessité de financements supplémentaires, l’ICCO n’étant pas un bailleur de fonds.
Notons que la signature de l’AIC 2026 par la RDC peut être prise comme un acte diplomatique fort et une étape décisive vers la transformation du potentiel agricole congolais en puissance réelle.
Medy LAPATSH

