« Il n’y aura pas de transformation agricole durable sans gouvernance provinciale exemplaire », a affirmé Félix Tshisekedi, lors de l’ouverture de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs à Bandundu (province du Kwilu), mardi 24 mars dernier, consacrée à la transformation du secteur agricole, pastoral et halieutique. Le chef de l’État a placé les provinces au cœur du développement agricole de la République démocratique du Congo. Cette déclaration résonne comme un rappel stratégique : l’avenir de l’agriculture congolaise ne dépend pas seulement des politiques nationales, mais aussi de la capacité des entités locales à incarner transparence, efficacité et proximité avec les communautés rurales.
« Je tiens à insister sur un point : … Il n’y aura pas de développement rural solide sans discipline budgétaire. Il n’y aura pas de connexion efficace aux marchés urbains sans planification territoriale cohérente. Il n’y aura pas d’investissement soutenable sans sécurité juridique et institutionnelle. Et il n’y aura pas de progrès réel tant que les ressources publiques continueront d’être dispersées, mal priorisées ou détournées de leur finalité première, qui est de servir le producteur et, au-delà, le citoyen », a déclaré le Président Félix Tshisekedi lors de sa prise de parole.

Le rôle central des provinces
Dans un pays aux dimensions continentales, la gouvernance provinciale devient le levier essentiel pour traduire les ambitions nationales en réalités locales. Les provinces sont les premières à gérer les terres, encadrer les producteurs, et assurer la mise en œuvre des programmes agricoles. Sans une administration exemplaire, les projets risquent de rester des slogans, incapables de transformer les pratiques et d’améliorer les conditions de vie des paysans.
Il faut retenir que cette vision appelle à une cohérence entre les niveaux de pouvoir. L’État central peut définir des orientations, mais ce sont les provinces qui doivent incarner la rigueur et l’exemplarité. La transformation agricole durable devient ainsi un projet partagé : un contrat moral entre le gouvernement, les provinces et les communautés rurales.
Medy LAPATSH

