Alors que la RDC s’aligne sur le thème international des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles « s’unir pour mettre fin à la violence numérique », le pays a retenu une déclinaison nationale : « Ensemble, luttons contre les violences numériques faites aux femmes et aux filles ».

Avec l’accent mis sur les violences en ligne, la campagne semble avant tout concerner les femmes urbaines. D’où la question soulevée par Agriboost Info : comment inclure les femmes rurales, souvent confrontées à la fracture numérique qui touche leurs zones ? Ces dernières subissent en effet une double vulnérabilité : violences domestiques et économiques, mais aussi exclusion numérique qui les prive d’accès à l’information et aux mécanismes de protection.
Des relais adaptés
À cette interrogation, Maguy Mbuku, journaliste et éditrice du média Pour’elle Info, connue sous le pseudonyme « Molobeli ya basi » pour son engagement en faveur des droits des femmes, rappelle que la campagne ne se limite pas aux espaces urbains connectés. « Les femmes rurales sont également concernées. Pour que la campagne atteigne les zones rurales, il est essentiel de miser sur les radios communautaires qui vulgarisent les messages des 16 jours ; les dialogues villageois qui brisent le silence autour des violences ; et les coopératives agricoles qui relient autonomisation économique et lutte contre les violences », déclare-t-elle.

Les réalités rurales
Dans les villages, les femmes sont souvent confrontées à des violences liées aux traditions, aux conflits ou à la précarité économique. Leur faible accès aux outils numériques accentue la fracture des droits : elles connaissent moins les lois et les recours disponibles. Pourtant, elles jouent un rôle central dans la production vivrière et la souveraineté alimentaire, ce qui rend leur protection essentielle pour la stabilité sociale.

Un enjeu d’inclusion
Pour Maguy Mbuku, « inclure les femmes rurales dans les 16 jours d’activisme, c’est éviter que la lutte contre les violences reste une affaire de villes et de réseaux sociaux. C’est aussi relier la justice sociale à la dignité économique et à la sécurité alimentaire ».
Linda IMBANDA

