La République démocratique du Congo regorge d’immenses richesses naturelles, agricoles, minières et humaines. Pourtant, le pays continue de dépendre fortement des importations pour subvenir à ses besoins de consommation.
Dans ce contexte, promouvoir et renforcer la production locale devient une priorité stratégique pour le développement économique, social et culturel.
La production locale favorise aussi la transformation sur place des ressources, ajoutant ainsi de la valeur aux produits nationaux (identité congolaise). Cela permet non seulement de mieux répondre aux besoins du marché local, mais aussi de viser l’exportation avec des produits finis, plus compétitifs à l’international.
Dans une interview accordée à Agriboost infos, Franck Kayembe Tshamu, entrepreneur congolais actif dans la transformation agroalimentaire, partage son expérience dans la production locale de semoule en RDC. Il met en lumière les obstacles rencontrés, mais aussi les opportunités qu’offre ce secteur stratégique.
Des infrastructures encore inadéquates
Selon Franck Kayembe, le principal défi réside dans l’absence d’infrastructures adaptées. « Nous sommes encore en difficulté d’installation appropriée, ce qui entraîne des pertes », explique-t-il. Le manque de lieux de production bien équipés complique l’organisation et impacte directement la rentabilité.
Une production nutritive et maîtrisée
Malgré les difficultés, Franck Kayembe souligne les bénéfices de la production locale. « L’avantage, c’est que nous maîtrisons le processus de préparation, et la semoule produite localement contient une bonne qualité de nutriments pour garantir une alimentation saine à la population », a-t-il rassuré.
Une stratégie de vente simple mais efficace
Côté commercialisation, l’entrepreneur mise sur la proximité : « Le bouche-à-oreille reste notre principal outil de communication, et heureusement, le produit parle de lui-même. Il se vend bien, car il est apprécié ».
Les conditions pour une meilleure production
Pour améliorer la production, Franck Kayembe insiste sur le respect du calendrier agricole face à la rareté des matières premières, la stabilisation de l’électricité afin de réduire la dépendance aux générateurs à mazout, et surtout, l’accessibilité de l’usine et des lieux de stockage pour faciliter l’approvisionnement et la livraison.
En somme, son appel est clair : avec un appui ciblé sur les infrastructures et l’énergie, la production locale de semoule pourrait jouer un rôle clé dans la sécurité alimentaire en RDC et pour bâtir une économie congolaise plus forte, plus autonome, inclusive, surtout une prise de conscience collective pour préférer le « Made in Congo ».
Bénédicte NTANGA

