Quatre personnes ont tragiquement perdu la vie ce matin au marché Camp PM : trois femmes et un homme d’environ quarante ans. Dix autres ont été grièvement blessées.
Le drame a été causé par un camion poids lourd en provenance de Kasangulu, dont le système de freinage a lâché. Le véhicule a terminé sa course sur des vendeurs et acheteurs, dans un lieu censé être sécurisé.

Ce marché avait été relocalisé vers le site du Camp PM à la suite de l’électrocution collective du 2 février 2022. Mais au lieu de sauver des vies, ce déplacement semble n’avoir fait que transférer le danger.
Selon les témoins, la plupart des victimes occupaient les abords immédiats de la Route Nationale n°1 (RN1), sans séparation ni aménagement de sécurité. Ces zones restent très fréquentées par de gros porteurs, malgré l’interdiction de vendre sur la chaussée.
Les responsabilités se renvoient : les autorités sont accusées de laxisme, tolérant la vente sauvage en bord de route tout en continuant de percevoir des taxes sur ces mêmes espaces dangereux.
« Ce qui me choque le plus, c’est qu’en dépit de la fermeture du marché, des agents de l’État continuent de percevoir des taxes, même auprès de ceux qui vendent à même les rues. Où est l’autorité de l’État ? Pourquoi est-il si difficile d’imposer l’ordre dans nos marchés ? », déplore Rosette Kiala, témoin du drame.

Ce nouveau drame à Matadi Kibala rappelle l’urgence d’une réponse forte et cohérente de l’État congolais. Il est temps de moderniser les marchés urbains, de mettre fin à l’occupation anarchique des voies publiques et surtout, de protéger les vies humaines avant de percevoir des taxes.
Linda Imbanda

