L’inauguration du supermarché Carrefour à Kinshasa, dans la commune huppée de la Gombe, suscite un vif débat dans l’opinion publique. Si l’arrivée du géant français de la distribution représente un pas vers la modernisation du commerce en RDC, plusieurs voix dénoncent une politique tarifaire jugée déconnectée des réalités locales.
Des fruits hors de prix
Les consommateurs ont notamment pointé les prix élevés des fruits et produits frais, parfois deux à trois fois supérieurs à ceux pratiqués dans les marchés populaires. Une pomme à 2 500 FC ou un paquet de fraises à plus de 30 000 FC symbolise ce choc tarifaire.

Un marché pour l’élite ?
Pour certains, Carrefour cible une clientèle aisée, excluant de facto une grande partie de la population. Cette situation ravive les tensions sur l’accès équitable aux biens de consommation, dans un contexte marqué par une précarité grandissante. Une vitrine internationale… au détriment du local.
L’enseigne met en avant plusieurs produits importés, là où certains espéraient une valorisation des filières agricoles locales. Une opportunité manquée pour les producteurs congolais, selon des observateurs du secteur qui réagissent sur différents réseaux sociaux en l’occurrence X.
Malgré les critiques, l’ouverture de Carrefour à Kinshasa pose une question centrale : comment concilier modernisation commerciale et inclusion sociale dans une ville en pleine mutation ?
Medy LAPATSH

