Alors que les ménages kinois peinent à maintenir leur pouvoir d’achat face à une inflation rampante, une question cruciale demeure en suspens : “qu’en est-il de la décision gouvernementale de superviser les prix des produits alimentaires dans les supermarchés?”
Le 5 août 2025, le Ministère de l’Économie nationale avait lancé une opération de contrôle des prix dans les grandes surfaces de Kinshasa, avec pour objectif, vérifier le respect des tarifs réglementaires et de lutter contre les hausses injustifiées. Cette mission, prévue pour durer quinze jours, devait marquer un tournant dans la régulation des marchés urbains. Pourtant, à l’heure actuelle, aucun déploiement visible ni communication claire sur les mesures correctives envisagées pour cette initiative du gouvernement.

Une mission à relancer après le remaniement
Depuis le remaniement du gouvernement Suminwa II intervenu le 8 août 2025, le ministère de l’Économie nationale a été scindé en deux entités distinctes, le Ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, ainsi que le Ministère de l’Économie numérique.
Cette réorganisation institutionnelle, bien que orientée vers une meilleure spécialisation des fonctions, a laissé en suspens la question de la continuité de la mission de supervision des prix alimentaires. Il est urgent que l’un de ces deux ministères reprenne officiellement le dossier.
Le Ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME semble le plus à même de prolonger cette mission, en lien avec la régulation du commerce local et la protection des consommateurs. Tandis que le Ministère de l’Économie numérique pourrait contribuer à la mise en place d’outils technologiques pour le suivi des prix et la transparence des données.

Une urgence sociale et économique
L’urgence du déploiement de cette opération est double: au niveau social, les familles kinoises sont confrontées à une flambée des prix sur des produits de base (riz, huile, lait, etc.), menaçant leur sécurité alimentaire. Au niveau institutionnel, l’absence de régulation effective favorise la spéculation, creuse les inégalités et affaiblit la confiance de la population sur les institutions de l’Etat.
Dans ce contexte, il est impératif que le gouvernement publie un bilan transparent de l’opération initiale, identifie les enseignes fautives le cas échéant, et propose un dispositif pérenne de surveillance tarifaire. La régulation ne doit pas être une mesure ponctuelle, mais un pilier de la justice économique. La transparence tarifaire est un droit, et Kinshasa mérite une gouvernance économique à la hauteur de ses défis.
Linda IMBANDA

