Depuis 1996, le chimpanzé est inscrit sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) parmi les espèces menacées. Cette alerte demeure plus que jamais d’actualité en République démocratique du Congo, même en ce 14 juillet 2025, journée mondiale qui lui est dédiée.
Plusieurs communautés congolaises continuent de consommer la viande de ce primate, poussées soit par nécessité alimentaire, soit par tradition culturelle.
Une menace à double enjeu : santé et survie
Quelle qu’en soit la motivation, il est crucial de rappeler que la manipulation et la consommation de la viande de primate représentent un danger à double facette. Sur le plan sanitaire, ces pratiques sont des vecteurs de transmission de maladies zoonotiques mortelles : Ebola, tuberculose, VIH/SIDA, Herpès B, grippes saisonnières et autres infections animales transmises à l’homme.
Particulièrement, le virus Ebola a frappé de manière récurrente plusieurs zones du pays depuis 2005, notamment l’Équateur, le Nord-Kivu, l’Ituri et l’ex-Province Orientale. À chaque épisode, la manipulation de primates apparaît comme un facteur clé, aggravé par les conflits armés et l’isolement géographique de ces régions.
Disparition silencieuse et déséquilibre écologique
Au-delà du risque humain, la consommation de chimpanzés accélère leur disparition, privant les forêts de grands régulateurs naturels. Ces primates jouent un rôle essentiel dans la régénération des écosystèmes par la dispersion des graines, participant ainsi au renouvellement de la biodiversité.
Le braconnage, le manque de mobilisation communautaire et l’insuffisance de sensibilisation menacent ce fragile équilibre. Leur extinction potentielle aurait des effets directs sur les forêts tropicales congolaises, déjà impactées par le réchauffement climatique perceptible dans plusieurs régions.

Un appel à la mobilisation citoyenne
Il devient urgent de réactiver les consciences, d’enrichir les débats et d’impliquer les populations autour de la valeur écologique et patrimoniale du chimpanzé la rigueur des lois interdisant sa chasse et sa consommation, ainsi que les mécanismes de protection communautaire appuyés par les institutions environnementales.
En cette journée mondiale des chimpanzés, la RDC ne célèbre pas seulement une espèce. Elle interroge aussi sa relation à la nature, sa mémoire culturelle et son avenir sanitaire.
Linda Imbanda

