Plusieurs sources concordantes révèlent que l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji Badibanga, aurait tiré la sonnette d’alarme face à l’exploitation illégale du bois rouge et de l’or par des groupes armés actifs dans la région. A en croire ce dernier, ces pratiques qui perdurent depuis plusieurs années, menacerait à la fois l’environnement et la sécurité des populations locales.
La forêt de Mabondo, dans le secteur de Lulenge, explique-t-til, est particulièrement touchée. Des factions étrangères telles que Red Tabara et FNL, originaires du Burundi, y mènent des activités d’abattage et d’extraction aurifère. Il estime que ces factions ne sont pas seules. Près de 29 groupes armés, dont les FDLR et le CNRD, ainsi que plusieurs milices locales, opèrent également dans le territoire de Fizi. Il affirme noir sur blanc que leur contrôle sur les ressources naturelles leur permet de financer leurs activités militaires et de renforcer leur emprise sur la population.

Conséquences environnementales
Ces opérations ne restent pas sans conséquences sur l’environnement et la société. Elles sont à l’origine de la déforestation massive. Le bois rouge, prisé pour sa valeur commerciale, disparaît rapidement, entraînant une perte de biodiversité et une dégradation des sols. On parle également de l’exploitation minière anarchique comme conséquence. L’or est extrait sans respect des normes, polluant les rivières et détruisant les terres agricoles.
Un appel pressant aux autorités
Face à cette situation, l’administrateur du territoire de Fizi exhorte les autorités provinciales et nationales à renforcer la présence de l’État dans les zones forestières et minières. Il plaide pour une lutte accrue contre l’exploitation illégale, la protection des communautés locales et la mise en place d’alternatives économiques durables afin de réduire la dépendance des populations aux activités illicites.
Un enjeu national
Au-delà du territoire de Fizi, cette exploitation illégale illustre les défis auxquels fait face la République démocratique du Congo : un pays riche en ressources naturelles mais fragilisé par l’absence de contrôle étatique et la persistance des groupes armés. La dénonciation de l’administrateur constitue un signal fort, invitant à une mobilisation urgente pour préserver les forêts, sécuriser les populations et restaurer l’autorité de l’État.
Medy Lapatsh

