Dans le tumulte des conflits fonciers qui ont secoué le site maraîcher de la vallée de la Funa, une figure s’est imposée comme symbole de courage et de résilience : Maman docteur, affectueusement appelée Maman Bibi. Une femme généreuse et travailleuse, qui a abandonné le conforme du toit de son mari médecin pour travailler la terre. Car, explique-t-elle, aimer la terre est un don qui n’est pas donné à tout le monde.

Une femme au cœur de la lutte
Depuis des années, les maraîchers de la vallée de la Funa vivent sous la menace de spoliation et d’expulsion. Dans cette incertitude, Maman Bibi s’est levée comme une voix maternelle et militante, refusant de voir disparaître ce patrimoine agricole vital pour Kinshasa. Sa détermination a fait d’elle une référence, non seulement pour les cultivateurs, mais aussi pour toute une communauté qui voyait en elle une gardienne des terres nourricières.
Le courage face à l’adversité
Connue pour son franc-parler et sa capacité à mobiliser, Maman Bibi a porté haut la revendication des maraîchers. Elle a organisé des rassemblements, interpellé les autorités et maintenu la cohésion du groupe, même dans les moments les plus critiques. Sa présence constante sur le terrain a donné confiance aux cultivateurs, en particulier aux femmes, qui trouvaient en elle un modèle de force et de dignité.
Une reconnaissance publique
Lorsque l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, est intervenu en avril 2025 pour restituer officiellement le site aux maraîchers, les cultivateurs ont exprimé leur gratitude. Parmi eux, le nom de Maman Bibi revenait avec insistance, comme celui d’une femme qui avait su tenir tête aux injustices et maintenir la lutte vivante.
Plus qu’une militante, un symbole
Aujourd’hui, Maman Bibi est perçue comme une figure emblématique de l’agriculture urbaine à Kinshasa. Son combat dépasse la vallée de la Funa : il incarne la résistance des populations face aux abus fonciers et rappelle l’importance de protéger les espaces agricoles dans une capitale en pleine expansion.
Retenons que Maman Bibi n’est pas seulement une maraîchère ; elle est devenue une mémoire vivante de la lutte pour la terre. Sa prouesse réside dans sa capacité à transformer une bataille locale en symbole de justice sociale. Dans la vallée de la Funa, son nom restera associé à la dignité, à la persévérance et à l’espoir. Elle a été une fois de plus élue, lors de scrutin récent, présidente du site de la vallée de Funa.
Medy LAPATSH

