Au cours d’une conférence organisée le mercredi 18 février au Centre Wallonie-Bruxelles, à l’occasion de son exposition photo intitulée « Peuples et forêts », le chercheur et expert environnemental, Alain Huart, a indiqué que « la République Démocratique du Congo risque de perdre plus de soixante pourcents de ses forêts d’ici 2080 ».

Causes relevées
Présent en RDC depuis 1982, Alain Huart rappelle que le pays, souvent présenté par ses autorités comme une “nation-solution” dans les débats mondiaux sur l’écologie et le climat, abrite une part essentielle de la forêt du bassin du Congo, dernier grand puits de carbone tropical de la planète. Mais ce potentiel risque de rester un slogan, car la déforestation progresse rapidement.
Parmi les causes principales, il cite l’agriculture itinérante sur brûlis, l’exploitation du bois, le faible encadrement des populations rurales etc. Il estime que l’encadrement des populations est urgent pour limiter les dégâts. « J’ai parcouru plusieurs provinces et j’ai vu combien les populations brûlaient les forêts pour cultiver, sans en mesurer les risques. Un processus de changement est urgent pour les accompagner, car jusque-là, elles restent fières de ce travail pénible mais destructeur », a-t-il déploré.
Des pistes de solutions
Au-delà du constat, Alain Huart a proposé des solutions pour sauver ce grand poumon du monde.
Il s’agit notamment du développement des forêts communautaires, en privilégiant la prévention et la résolution des conflits intercommunautaires; la cartographie participative, afin de mieux aménager le territoire; la conscientisation collective, pour réduire l’agriculture itinérante sur brûlis et la promotion de cultures pérennes, avec des modèles agricoles responsables. Il s’agit également de la création de métiers verts, notamment dans les filières café et cacao et la sensibilisation des communautés, grâce aux médias et radios locales. « Planter des arbres ne suffit pas. Il faut protéger les forêts avec des modèles agricoles durables”, a-t-il insisté.

Couloir vert, un débat élargi
La journée d’échanges a également abordé des thématiques comme le couloir vert Kivu-Kinshasa et le marché carbone en RDC. Elle a réuni des experts environnementaux, des représentants institutionnels, des entrepreneurs du secteur agroalimentaire, des professionnels des médias et des étudiants.
L’événement s’est clôturé par la présentation des photographies d’Alain Huart, révélant à la fois les ravages de la déforestation et la beauté du patrimoine naturel congolais.
Linda IMBANDA

