La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, vient d’annoncer une décision qui bouleverse le quotidien des planteurs. Pour la campagne intermédiaire de commercialisation, le prix du kilogramme de cacao est fixé à 1 200 FCFA, soit une baisse de plus de 57 % par rapport au prix record de 2 800 FCFA atteint lors de la campagne principale.
Cette annonce a été faite le mercredi 4 mars par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, lors d’une conférence de presse à Abidjan.
Plusieurs sources révèlent que la baisse drastique du prix de cacao dans ce pays traduit la crise mondiale de l’an dernier, marquée par une offre excédentaire et une demande fragilisée. Les planteurs, déjà confrontés à la flambée du coût de la vie et aux difficultés d’accès aux intrants agricoles, voient leurs revenus s’effondrer. Cette décision risque d’entraîner une précarisation accrue des familles rurales, dépendantes de cette culture pour leur survie.
Le gouvernement ivoirien justifie cette mesure par la nécessité de s’adapter aux réalités du marché international. Mais pour les syndicats de planteurs, cette baisse est vécue comme une injustice sociale, car elle fragilise ceux qui portent l’économie agricole du pays.
Le cacao, au-delà de sa valeur économique, est un symbole national : il représente la dignité et la visibilité des communautés rurales
Medy Lapatsh

